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[Vol. 1.]
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LIVRE III.

Avril 1S00.

Distribution<l<* l’arrntfeautrichienne.

l’état-major général. Mais ces critiques, dont la justesse lutplus d’une fois vérifiée dans cette campagne, ne prévalurentpoint. Moreau persista dans sa résolution, par complaisancepour des intérêts de coterie. Ayant déjà confié la directionde son état-major au général Dessoles, et voulant néanmoinsfaire une place au général Lahorie, l’un des amis dangereuxqui contribuèrent à le perdre plus tard, il lui donna le com-mandement en second de la réserve. Celte circonstance fitnaître entre Moreau et Saint-Cyr une froideur qui se changeabientôt en brouille ouverte.

M. de Kray, opposé à Moreau, avait, comme nous l’avonsdit, 150 mille hommes, dont 40 mille dans les places du Rhinet du Danube, et 110 mille à l’armée active. L’infanterie mê-lée de Bavarois, de Wurtemburgeois, de Mayençais, était mé-diocre. La cavalerie était superbe; elle comptait 26 mille che-vaux. L’artillerie nombreuse et bien servie comptait 300 bou-ches à feu. La droite des Autrichiens observait le cours duRhin, sous les ordres de M. de Sztarray, entre Mayence etRastadt, se liant à des levées de paysans mayençais, com-mandées par le baron d’Albini. Le général de Kienmayercouvrait le débouché de Strasbourg, en avant de la Kin/.ig.Le major Giulay avec une brigade tenait le Val-d’Enfer, et ob-servait le Vieux-Brisach. Le gros de l’armée autrichienneétait campé en arrière des défilés de la Forêt-Noire, à Donau-Eschingen et Villingen, au point de jonction des routes qui duRhin aboutissent au Danube. Quarante mille hommes étaientréunis sur ce point. M. de Kray avait placé dans les villesforestières une forte avant-garde sous l’archiduc Ferdinand,avec mission d’observer la route de Bàle ; il avait laissé unenombreuse arrière-garde sous le prince Joseph de Lorraine àStokach, pour couvrir ses magasins, établis dans cette ville,garder les routes d’Ulm et de Munich, et se lier au lac de Con-stance , où l’Anglais William commandait une flottille. Enfinle prince de Reuss, à la tête de 30 mille hommes, tant régi-