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[Vol. 1.]
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LIVRE III.

Mai i8oo. alors opérer un mouvement rétrograde à ses troupes. Ellesse retirèrent lentement à travers des bois, puis eurent àdéboucher sur des plateaux entre Donaurieden et Ringingen.Les troupes exécutèrent ce mouvement de retraite avec unaplomb remarquable. Elles mirent plusieurs heures à céderun terrain peu étendu, s’arrêtant à chaque instant, se formanten carré, et renversant sous un feu terrible la cavalerie quiles poursuivait, La division Souham, assaillie sur ses deuxflancs, fut obligée d’exécuter un mouvement semblable, et dese concentrer sur Blaubeuren, derrière la Blau, jetant dans leprofond ravin que forme cette rivière les Autrichiens qui laserraient de trop près.

C’est la division Legrand qui se trouvait le plus en danger,parce qu’elle était placée près du Danube, et que, pour cemotif, l’ennemi voulait l’accabler, afin d’intercepter tous lessecours qui pouvaient arriver de l’autre rive du fleuve. Lesdeux brigades dont elle se composait se défendaient toujoursvaillamment, lorsque, dans un moment où l’infanterie se retirait,et où l’artillerie légère remettait ses pièces sur l’avant-trainpour se retirer aussi, la cavalerie ennemie, revenant à la charge,fondit tout à coup sur cette malheureuse division. Le braveadjudant-général Levasseur, qui avait été démonté dans unecharge, se saisit d’un cheval, courut au 10 e régiment de ca-valerie, qui s’éloignait du champ de bataille, le ramena àl’ennemi, chargea les escadrons autrichiens, dix fois supérieursen nombre, et arrêta leur marche. L’artillerie eut le temps«.d’enlever ses pièces, de prendre une position en arrière, etde protéger à son tour la cavalerie qui venait de la sauver.

Dans cet intervalle de temps, le général Sainte-Suzanneétait arrivé, avec une partie de la division Colaud, au secoursde la division Legrand. Le général Decaen, avec le reste, étaitallé au secours de la division Souham, à Blaubeuren. Lecombat se rétablit donc, mais il pouvait malgré ce renfortfinir d’une manière désastreuse, car on avait à craindre que