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[Vol. 1.]
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ULM ET GÊNES.

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il n’est donc pas étonnant qu’il conçut des inquiétudes, et qu’il Mai isoo.ne voulût pas se porter en avant sans connaître avec certitudele sort de l’armée de réserve.

Moreau, par suite de ces résolutions, eut de vives alterca-tions avec certains de ses lieutenants, notamment avec Saint-Cyr. Celui - ci se plaignait de l’inaction dans laquelle on serenfermait, et surtout de la partialité qui régnait dans les distri-butions faites aux divers corps d’armée. Le sien, disait-il,manquait souvent de pain, tandis que celui du général enchef, à côté duquel il était placé, vivait dans l’abondance. Cen’étaient pas les ressources qui manquaient depuis la prisedes magasins de l’ennemi, mais les moyens de transport. Saint-Cyr eut à ce sujet plus d’une contestation; il était évidemmentbrouillé avec l’état-major qui entourait Moreau, et c’était là lemotif principal de ces fâcheuses mésintelligences. Le généralGrenier venait d’arriver. Saint-Cyr voulait que Moreau don-nât à ce général le commandement de la réserve, pour qu’ilpût s’affranchir des préoccupations et de la partialité, consé-quences inévitables d’un commandement particulier. Moreau,malheureusement, n’en voulut rien faire; Saint-Cyr alors seretira sous prétexte de santé, et priva l’armée du plus habilede ses officiers généraux. Du reste, Saint-Cyr était fait pourcommander seul, et non pour obéir. Le général Sainte-Suzannese retira aussi par suite des mêmes mésintelligences. Il futenvoyé sur le Rhin pour former un corps destiné à couvrirles derrières de l’armée d’Allemagne, et à contenir les forcesdu baron d’Albini. Le général Grenier prit la place de Saiut-Cyr, et Richepanse celle de Sainte-Suzanne. Moreau, dont lessoldats étaient assez bien pourvus de vivres, et qui était for-tement établi dans sa nouvelle position, prit le parti d’attendre,et écrivit au Premier Consul les paroles suivantes, qui peignentparfaitement sa situation H ses intentions :