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[Vol. 1.]
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MARENGO.

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du Saint-Bernard, pour éviter l’encombrement. Le Premier Mai iaoo.Consul était à Martigny, dans un couvent de Bernardins. Delà il ordonnait tout, et ne cessait de correspondre avec Paris,et avec les autres armées de la République. Il avait des nou-velles de la Ligurie, qui lui apprenaient que M. de Mêlas, tou-jours sous l’empire des plus grandes illusions, mettait toutson zèle à prendre Gênes et à forcer le pont du Var. Rassurésur cet objet important, il fit donner enfin l’ordre du passage.

Quant à lui, il resta de ce côté-ci du Saint-Bernard, pour cor- le r assii s«-respondre le plus long-temps possible avec le gouvernement,et pour tout expédier lui-même au delà des monts. Berthier,au contraire, devait se transporter de l’autre côté du Saint-Bernard, pour recevoir les divisions et le matériel que lePremier Consul allait lui envoyer.

Lannes passa le premier, à la tête de l’avant-eardc, dans la Le générai

1 1 ' c- / Lannes ouvre

nuit du 14 au 15 mai (24-25 floréal). Il commandait six ré-gimenls de troupes d’élite, parfaitement armés, et qui sous ce del ’ avl "> t -S'' u ' llcchef bouillant, quelquefois insubordonné, mais toujours si ha-bile et si vaillant, allaient tenter gaiement cette marche aven-tureuse. On se mit en route, entre minuit et deux heures dumatin, pour devancer l’instant où la chaleur du soleil, faisantfondre les neiges, précipitait des montagnes de glace sur latête des voyageurs téméraires cjui s’engageaient dans ces gor-ges affreuses. Il fallait huit heures pour parvenir au sommetdu col, à l’hospice même du Saint-Bernard, et deux heuresseulement pour redescendre à Saint-llemy. On avait donc letemps de passer avant le moment du plus grand danger. Lessoldats surmontèrent avec ardeur les difficultés de cetteroute. Ils étaient fort chargés, caron les avait obligés à prendredu biscuit pour plusieurs jours, et avec du biscuit une grandequantité de cartouches. Ils gravissaient ces sentiers escarpés,chantant au milieu des précipices, rêvant la conquête de cetteItalie, où ils avaient goûté tant de fois les jouissances de lavictoire, et axant le noble pressentiment de la gloire immortelle