MARENGO.
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trop difficiles à franchir. L’armée s’avançait successivement Mai isoo.homme à homme, les cavaliers menant leurs chevaux par labride. L’officier autrichien qui commandait le fort de Bard,voyait ainsi défiler nos colonnes désespéré de ne pouvoirarrêter leur marche ; et il mandait à M. de Mêlas qu’il étaittémoin du passage de toute une armée, infanterie et cavalerie,sans avoir le moyen d’y mettre obstacle, mais il répondait sursa tête qu’elle arriverait sans une seule pièce de canon.
Pendant ce temps notre artillerie faisait une tentative des lle
plus hardies: c’était de faire passer une pièce sous le feu EUe passe
même du fort, à la faveur de la nuit. Malheureusement l’en- fort s
nemi, averti par le bruit, jeta des pots à feu qui éclairèrent dela route comme en plein jour, et lui permirent de la couvrird’une grêle de projectiles. Sur treize canonniers qui s’étaientaventurés à traîner cette pièce de canon, sept furent ou tuésou blessés. Il y avait là de quoi décourager les plus bravesgens, lorsqu’on s’avisa d’un moyen ingénieux, mais fort péril-leux encore. On couvrit la rue de paille et de fumier; ondisposa des étoupes autour des pièces, de manière à empê-cher le moindre retentissement de ces masses de métal surleurs affûts; on les détela, et de courageux artilleurs, lestraînant à bras, se hasardèrent à les passer sous les batteriesdu fort, le long do la rue de Bard. Ce moyen leur réussitparfaitement. L’ennemi, qui de temps en temps tirait parprécaution, atteignit un certain nombre de nos canonniers;mais bientôt, malgré ce feu, toute la grosse artillerie se trouvatransportée au delà du défilé, et ce redoutable obstacle, quiavait donné au Premier Consul plus de soucis que le Saint-Bernard lui-même, se trouva vaincu. Les chevaux de l’artil-lerie avaient pris le sentier d’Albaredo.
Tandis que s’exécutait cette opération si hardie, Lamies,marchant en avant à la tête de son infanterie, enleva, le 22mai, la ville d’ivrée, qui n’avait lias été réparée depuis les imse aivr«guerres de Louis Xl\, et que, par un pressentiment singulier.