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LIVItE IV.

Juin i8(o. La conférence définitive eut lieu le i juin au matin, dansune chapelle, au pont de Cornigliano. L’article qui avait pourbut de conduire par terre une partie de l’armée, donna lieuii une dernière difficulté. Mais Masséna laissant l’alternativeou de consentir à ce qu’il désirait, ou de soutenir le lende-main un combat désespéré, les généraux autrichiens se ren-dirent. Il fut stipulé que cette convention d’évacuation, delaquelle le mot de capitulation avait été soigneusement écarté,serait conclue le soir même. Du reste, les officiers ennemis,saisis d’admiration pour le général français, le comblèrentd’égards et de marques de respect,jicdiiition Le soir venu, il hésitait encore à signer, espérant toujoursqu’il pourrait être délivré. Enfin, quand on ne put plus dif-férer sans manquer à la parole donnée, il accorda sa signa-ture. Le lendemain, nos troupes sortirent avec le généralGazan à leur tête, et trouvèrent des rations aux avant-postes.Masséna s’embarqua de sa personne, pour être plus prompte-ment rendu au quartier-général de Suchet. 11 sortit du portdans une embarcation portant le drapeau tricolore, et sousles boulets de l’escadre anglaise.

Ainsi finit ce siège mémorable, pendant lequel une arméefrançaise venait de se signaler par de si grandes vertus et desi grands services. Elle avait fait plus de prisonniers, et tuéplus d’ennemis qu’elle ne comptait de soldats. Avec 15 millehommes, elle avait pris ou mis hors de combat plus de 18mille Autrichiens. Elle avait surtout ruiné le moral de l’arméeimpériale, en la contraignant à des efforts continuels et exlra-a quel prix ordinaires. Mais veut-on savoir à quel prix cette brave gar-

l’armée

de Ligurie avait nison do Gènes avail fait de telles choses? Sur 15 mille com-

retenu

les Autrichiens battants, elle en avait perdu 3 mille par le feu; 4 mille autresétaient frappés plus ou moins grièvement; 8 mille seulementallaient rejoindre l’armée active. Le général en second, Soult,était resté aux mains de l’ennemi, après avoir eu la jambefracassée. Sur trois généraux de division, un mourut d’épidé-