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LIVRE IV.

Juin 1800 . et dès lors toutes les positions de la plaine étaient en notreRésultats pouvoir. Nous avions franchi le Danube, fait 5 mille prison-

de la bataille

d’Hoehstedt. mers, enlevé 20 pièces de canon, 1,200 chevaux, 300 voitures,et les magasins considérables de Donauwcrlh. On s’étaitbattu dix-huit heures de suite. Cette opération, qui changeaitles malheureux souvenirs d’IIochsledt en souvenirs do gloire,était, après Marengo, la plus belle opération de la campagne.Elle honorait également Lecourbe et Moreau. Celui - ci s’étaitenhardi lentement; mais enfin stimulé par les exemplesdonnés en Italie, il était entré dans des voies plus grandes, etil venait de cueillir un laurier sur cet arbre auquel le PremierConsul en avait dérobé de si beaux. Heureuse et noble riva-lité, si elle ne s’était jamais étendue au delà!m <ie Kray dé- Après une manœuvre si hardie et si décisive de la part de

campe, et quitte

la .!'clin ° n son adversaire, M- de Kray ne pouvait tenir plus long-temps

à Ulm, sans se voir coupé de ses communications avec Yienne.Aller droit aux Français pour leur livrer bataille était trop ha-sardeux , avec des soldats dont le dernier événement venaitencore d’ébranler le moral. Il se hâta donc de décamper lesoir même. Il fit passer devant lui le parc formé de près demille voitures, et suivit le lendemain, avec le gros de l’armée,sur la route de Nordlingen. Il marchait, par un temps affreux,et sur des routes que la pluie avait entièrement dégradées.Cependant la rapidité de sa retraite fut telle, qu’il parvint envingt-quatre heures à Neresheim. Pour soutenir ses troupesdéfaillantes, il fit répandre le bruit qu’une suspension d’armesvenait d’être signée en Italie, qu’elle allait être étendue àl’Allemagne, et que la paix ne pouvait manquer des’ensuivre. Cette nouvelle répandit la joie parmi ses soldats,et leur rendit quelque force. Ils arrivèrent à Nordlingen.

Moreau avait appris trop lard le départ de l’ennemi. Riche-panse n’avait pu s’apercevoir de l’évacuation d’Ulm, que lors-que déjà les derniers détachements se retiraient, et il en avaitaussitôt fait part à son général en chef. Mais, dans cet intervalle,