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livre V.
Dec. 1799.
Prise du fortd’El-Ariseh etmassacre d’unepartie de la gar-nison française.
le redoutable Sultan de feu, Bonaparte, les avait quittés; qu’ilsétaient affaiblis, découragés; qu’il suffisait de se montrer àeux pour les vaincre ; que toute l’Égypte était prête à se sou-lever contre leur domination etc. Ces choses et d’autres, re-dites en tout lieu, avaient amené 70 ou 80 mille Musulmansfanatiques autour du visir. Aux Turcs s’étaient joints lesMamelucks. Ibrahim-Bey, depuis quelque temps retiré enSyrie, Murad-Bey, qui par un long détour était descendu descataractes aux environs de Suez, s’étaient faits les auxiliairesde leurs anciens compétiteurs. Les Anglais avaient façonnépour cette armée une espèce d’artillerie de campagne, atteléeavec des mulets. Les Arabes Bédouins, dans l’espérance depiller bientôt les vaincus, quels qu’ils fussent, avaient mis àla disposition du visir quinze mille chameaux, pour l’aider àfranchir le désert qui sépare la Palestine de l’Egypte. Legénéralissime turc avait dans son état-major à demi barbarequelques officiers anglais, et plusieurs de ces coupables émi-grés, qui avaient enseigné à Bjezzar-Pacha l’art de défendreSaint-Jean-d’Acre. On va voir de quoi ces misérables trans-fuges devinrent la cause.
Le fort d’EI-Arisch, devant lequel se trouvaient les Turcsen ce moment, était, au dire du général Bonaparte, l’une desdeux clefs de l’Égypte ; Alexandrie était l'autre. Suivant lui,une troupe venant par mer ne pouvait débarquer en grandnombre que sur la plage d’Alexandrie. Une troupe venantpar terre, et ayant à traverser le désert de Syrie, était obli-gée de passer à El-Arisch, pour s’abreuver aux puits qui sontplacés en cet endroit. Aussi avait-il ordonné de grands tra-vaux autour d’Alexandrie, et fait mettre en état le fort d’El-Arisch. Une troupe de 300 hommes avec des vivres et desmunitions y tenait garnison; un courageux officier, nomméGazais, la commandait. L’avant-garde turque s’étant portéeà El-Arisch, le colonel Douglas, officier anglais au service dela Turquie, somma le commandant Gazais de se rendre. Un