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LIVRE VI.

Juillet 1800.

Les agents roya-listes répandentque le PremierConsul a fait as-sassiner Kléberet Desaix.

Préparatifs ma-ritimes pour por-ter des secoursen Egypte.

des Français en Égypte; établissement qu’il regardait commeson plus bel ouvrage, mai6 que le succès définitif pouvaitseul convertir de tentative brillante, en entreprise grande etsolide.

Le temps, semblable à un fleuve qui emporte tout ce queles hommes jettent dans ses eaux rapides, le temps a emportéles odieux mensonges, imaginés alors par la haine des partis.Cependant il en est un qu’il est instructif de citer ici, quoiqu’ilsoit profondément oublié. Les agents royalistes répandirent,et les journaux anglais répétèrent, que Desaix et Kléber,faisant ombrage au Premier Consul, avaient été assassinés parses ordres, l’un à Marengo, l’autre au Kaire. Il ne manqua pasde misérables et d’imbéciles pour le croire, et aujourd’hui onest presque honteux de rappeler de telles suppositions. Ceuxqui font ces inventions infâmes devraient quelquefois se placeren présence de l’avenir, et rougir en songeant au démenti quele temps leur prépare.

Le Premier Consul avait déjà donné des ordres pressantsaux flottes de Brest et de Rochefort, afin qu’elles se pré-parassent à passer dans la Méditerranée. Bien que nos finan-ces fussent dans un état beaucoup meilleur, cependant, obligéà faire de grands efforts sur terre, le Premier Consul ne pou-vait pas faire sur mer tous ceux qu’il aurait jugés utiles.Toutefois il ne négligea rien pour mettre la grande flotte deBrest en mesure de sortir. Il sollicita de la cour d’Espagneles ordres nécessaires pour que les amiraux Gravina etMazzaredo, commandant la division espagnole, concourussentaux mouvements de la division française. En réunissant lesescadres des deux nations bloquées dans Brest depuis un an,on pouvait mettre en ligne quarante vaisseaux de haut bord.Le Premier Consul voulait que, profitant de la sortie de cetteimmense force navale, les vaisseaux français disponibles aLorient, à Rochefort, à Toulon, les vaisseaux espagnols dispo-nibles au Ferrol, à Cadix, à Carthagène, se joignissent à la