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[Vol. 1.]
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LIVRE VI.

Juillet 1800. l’ambition de sa famille. Par ces mêmes motifs, la Francedevait préférer que l’Autriche s’agrandit eu Allemagne plutôtqu’en Italie. Cependant ce dernier point fut concédé. Letraité de Campo-Formio rejetait l’Autriche sur l’Adige, et attri-buait à la République cisalpine le Mincio et la célèbre placede Mantoue. La prétention de l’Autriche, cette fois, était d’ob-tenir le Mincio, Mantoue, plus les légations, ce qui était exor-bitant. Le Premier Consul allait bien jusqu’à lui accorder leMincio et Mantoue, mais il ne voulait à aucun prix lui céderles légations. 11 consentait tout au plus à les donner au grand-duc de Toscane, à condition qu’en retour la Toscane passeraitau grand - duc de Parme, et le duché de Parme à la Cisalpine.Le grand-duc de Parme eût considérablement gagné à cetéchange, ce qui était une satisfaction accordée à l’Espagne,dans des vues que nous ferons connaître plus tard.

M. de Saint-Julien répondait que, sur ce dernier point, sonsouverain n’était pas préparé à émettre un avis définitif; queces translations de maisons souveraines, d’un pays dans unautre, étaient peu conformes à sa politique ; que c’était parconséquent un objet à régler plus tard. Pour éluder la diffi-culté, on se contenta de dire dans les articles préliminairesque l’Autriche recevrait en Italie les indemnités territorialesqui lui étaient précédemment accordées en Allemagne.

L’officier autrichien, métamorphosé ainsi en plénipoten-tiaire, témoigna au nom de son souverain beaucoup d’intérêtpour l’indépendance de la Suisse, mais fort peu pour celle duPiémont, et parut insinuer que la France pourrait se payer enPiémont do ce qu’elle abandonnerait à la maison d’Autricheen Lombardie.

On s’en tint donc à ces conditions fort générales : limitesdu Rhin pour la France, avec la démolition de Kehl, Cassel,Ehrenbreitstein ; indemnités particulières de l’Autriche prisesen Italie, au lieu de l’être en Allemagne; ce qui signifiait quel’Autriche ne serait pas réduite à la limite de l’Adige. Mais, il