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LIVRE VI.
Juillet i8on. dise française ou espagnole sur quelque bâtiment que ce fût.
Elle soutenait que certaines marchandises, sans être confec-tionnées, telles que le blé, les matières navales, étaient unvéritable secours porté à une nation en temps de guerre. Ellevoulait qu’une déclaration de blocus suffit, sans la présenced’une force navale, pour interdire l’entrée de certains ports ouparages; et enfin que les neutres, sous prétexte de se faireconvoyer, ne pussent pas échapper à la surveillance des puis-sances belligérantes.
Si l’on désire savoir quel était au fond le grave intérêtcaché sous les sophismes des publicistes britanniques, le voici.L’Angleterre voulait empocher qu’on ne portât aux Espagnolsles riches métaux du Mexique, principal aliment de leur opu-lence; aux Français, le sucre et le café, dont ils ne savaientpas se passer ; aux uns et aux autres, les bois, le chanvre,les fers du Nord, nécessaires à leur marine. Elle voulait aubesoin pouvoir les affamer en cas d’une mauvaise récolte degrains, comme elle avait fait en 1793, par exemple; ellevoulait pouvoir frapper d’interdit des pays entiers, sans l’obli-gation d’un blocus réel; elle voulait enfin, à force de recherches,de vexations, d’obstacles de tout genre, ruiner le commercede toutes les nations, de manière que la guerre, qui, pour lespeuples commerçants, est un état de détresse, devînt pourses négociants, ce qu’elle était en effet, un temps de monopoleet de prospérité extraordinaire. À l’égard des Américains,elle avait une intention plus inique encore : c’était d’enleverleurs matelots, sous prétexte qu’ils étaient Anglais; confusionfacile à faire, grâce à la conformité des langues.
En 1780, pendant la guerre d’Amérique, Catherine la Grandeavait formé la ligue des neutres pour résister à ces préten-tions. Le Premier Consul, profitant de l’amitié naissante dePaul, de l’irritation croissante des neutres, des violences inouïesdes Anglais, mit tous ses soins à en susciter une pareilleen 1800.