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[Vol. 1.]
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LIVRE VI.

Août 1800. à un état de guerre presque déclaré, mais sans hostilitésde fait.

C’est cet état de choses que le Premier Consul avait àcœur de faire cesser. On a vu quels honneurs il avait faitrendre à Washington, dans la double intention d’agir au de-dans et au dehors ; il nomma trois plénipotentiaires, son frèreJoseph Bonaparte, et les deux conseillers d’État Fleurieu etRœderer, pour s’entendre avec les plénipotentiaires améri-cains, et pressa vivement la conclusion de la négociation,afin de donner prochainement un nouvel adversaire à l’Angle-terre , en plaçant une puissance de plus sur la liste de cellesqui s’engageraient à faire observer les vrais principes de laneutralité maritime. Le premier obstacle au rapprochementétait l'article par lequel l’Amérique avait promis de faire par-tager à la France les avantages commerciaux accordés parelle à toutes les nations. Cette obligation de ne rien faire pourles autres sans le faire aussitôt pour nous, causait aux Amé-ricains d’assez grands embarras. Leurs négociateurs ne se' montraient pas disposés à céder sur ce point, mais ils parais-saient prêts à reconnaître et à défendre les droits des neutres,et à rétablir dans leurs stipulations avec la France les princi-pes dont ils avaient fait l’abandon en traitant avec l’Angle-terre. Le Premier Consul qui tenait beaucoup plus aux prin-cipes de la neutralité maritime qu’aux avantages commerciauxdu traité de 1778, devenus illusoires dans la pratique, le Pre-mier Consul enjoignit à son frère de passer outre, et de con-clure un arrangement avec les envoyés américains, pourvuqu’on obtint d’eux une complète et solennelle reconnaissancedes principes du droit des gens, qu’il importait de faire pré-valoir. Cette difficulté levée, on fut bientôt d’accord sur lereste, et on s’apprêtait dans le moment à signer un traité deréconciliation avec l’Amérique.

Un autre rapprochement beaucoup plus important encore,celui de la République avec le Saint-Siège, commençait à