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LIVRE VI.
Sept. îauo. corps de Turenne. Sur ce chai', attelé de quatre chevauxblancs, était placée l’épée du héros de la monarchie, conser-vée dans la famille de Bouillon, et prêtée au gouvernementpour cette noble cérémonie. Quatre vieux généraux, mutilésau service de la République, tenaient les cordons du char;en avant un cheval pie, semblable à celui que montait souventTurenne, harnaché comme les chevaux l’étaient alors, et con-duit par un nègre, reproduisait avec exactitude quelques ima-ges du siècle auquel on rendait hommage. Autour du charmarchaient les invalides, et puis quelques-unes des bellestroupes qui revenaient des bords du Pô et du Danube. Cesingulier et noble cortège traversa Paris au milieu d’une fouleimmense, et se rendit aux Invalides, où l’attendait le PremierConsul, entouré des envoyés des départements, tant ceux dela vieille France de Louis X1Y, que ceux de la France nou-velle: ces derniers représentant la Belgique, le Luxembourg,les provinces rhénanes, la Savoie, le comté de Nice. Le pré-cieux dépôt qu’apportait ce cortège fut placé sous le dôme.Carnot, ministre de la guerre, prononça un discours simple etconvenable; et, pendant qu’une musique d’un genre graveremplissait les voûtes de l’édifice, le corps de Turenne fut dé-posé dans le monument où il repose aujourd’hui, où il allaitbientôt être rejoint par son compagnon de gloire, l’illustre etvertueux Vauban, où il devait être rejoint un jour par l’auteurdes grandes choses que nous racontons ici, où il restera cer-tainement, entouré de cette auguste compagnie, pendant ladurée des siècles accordés par le ciel à la France.
Si, dans des temps comme les nôtres, où la foi est refroidie,quelque chose peut remplacer, égaler peut-être les pompesde la religion, ce sont de tels spectacles !
Le soir de ce jour, on voulut offrir au peuple de la capitaleun amusement moins grossier que de coutume : on lui donnagratuitement la représentation du Tartufe et du Cid. Le Pre-mier Consul assistait ù cette représentation. Sa présence,