HOHENLINUEN.
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Piémont, de Naples, ce qui, dans le moment, n’était en rien ianv. isoi.contraire aux projets du Premier Consul. L’empereur Paul nese mêlait des intérêts de Naples et du Piémont, qu’à cause dutraité d’alliance conclu avec ces États en 1798, lorsqu’il avaitfallu les entraîner dans la guerre de la seconde coalition ; maisil n’entendait protéger Naples, qu’à condition que cette courromprait avec l’Angleterre. Quant au Piémont, il ne réclamaitqu’une légère indemnité pour la cession de la Savoie à laFrance. 11 trouvait bon, et la Prusse avec lui, que la Franceréprimât l’ambition de l’Autriche en Italie, et la réduisit à lalimite de l’Adige. Paul enfin était si ardent, qu’il demandaitau Premier Consul de se lier étroitement à lui contre l’Angle-terre , au point de s’engager à ne faire de paix avec elle, qu’a-près la restitution de Malte à l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusa-lem. C’était plus que ne voulait le Premier Consul, qui crai-gnait des engagements aussi absolus. Paul, désirant que lesdehors répondissent à l’état vrai des choses, établit, au lieude communications clandestines entre M. de Krudener et legénéral Beurnonville à Berlin, une négociation publique à Pa-ris même. En conséquence il nomma un plénipotentiaire, M.de Kalitscheff, pour aller traiter ostensiblement avec le cabi-net français. M. de Kalitscheff avait ordre de se rendre immé-diatement en France. Ce négociateur était porteur d’une lettredestinée au Premier Consul, et de plus écrite de la propremain de l’empereur Paul. Nous avions déjà M. de Sprengpor-ten à Paris, nous allions avoir M. de Kalitscheff; il n’était paspossible de désirer une réconciliation plus éclatante de la Rus-sie avec la France.
Tout était donc changé en Europe, au Nord comme au Midi.
Au Nord, les puissances maritimes, en guerre ouverte avecl’Angleterre, cherchaient à se liguer avec nous et contre elle,par des engagements absolus. Au Midi, l’Espagne s’était en-chaînée à nous par les liens les plus étroits ; elle menaçait lePortugal pour l’obliger à rompre avec la Grande-Bretagne.
TOM. II. I g