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[Vol. 1.]
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LIVRE VIII.

Dec. 1800. Le Consul Cambacérès, toujours calme, avait un art infinipour obtenir par la douceur, ce que son impérieux collèguevoulait emporter par l’unique puissance de sa volonté. Il as-sembla le lendemain les deux sections chez lui, s’efforça d’ex-cuser en quelques mots la vivacité du Premier Consul, affirma,ce qui était vrai, qu’il acceptait volontiers la contradictionquand on n’y mêlait ni amertume ni personnalité ; et il essayade ramener les esprits à l’idée d’une mesure extraordinaire.Ceci n’était pas digne de sa modération accoutumée; maisquoique très-habitué à conseiller sagement le Premier Consul,il cédait quand il le voyait tout à fait résolu, et surtout quandil s’agissait de réprimer les Terroristes. M. Portalis, qui avaitle mérite de ne pas vouloir proscrire les autres, quoiqu’il eûtété proscrit lui-même, revint à l’idée des deux sections, pro-posant d’ajouter deux articles à la loi des tribunaux spéciaux.Cependant le Consul Cambacérès insista, et fit prévaloir l’idéed’une mesure extraordinaire, sauf à la discuter ensuite denouveau, devant les sections réunies. Dans cette espèce dehuis-clos, les paroles furent encore très-vives. M. Rœderercria fort contre les Jacobins, imputa leurs crimes aux ména-gements de M. Fouché, et alla jusqu’à provoquer une déclara-tion du Conseil d’État, dans laquelle on demanderait la desti-tution de ce ministre.

M. Cambacérès réprima tous ces écarts de zèle, et convoquales sections chez le général Bonaparte, en présence duquelon tint une espèce de conseil privé, composé des consuls, desdeux sections de l’intérieur et de législation, et des ministresdes alïaires étrangères, de l’intérieur et de la justice. Les pré-ventions étaient si grandes contre M. Fouché, qu’on ne l’avaitpas même appelé à ces conférences.

La proposition d’une résolution extraordinaire fut (1e nou-veau présentée, et longuement discutée. Il fallut plusieursséances de ce même conseil privé, avant de se mettre d’ac-cord. Enfin, on convint de prendre une mesure générale,