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LIVRE X.
Avril 1801. commerce de l’Orient, l’Égypte était encore la route naturellede ce commerce. Pour la paix comme pour la guerre, c’étaitdonc la plus précieuse colonie du globe. Si, dans le moment,le chef du gouvernement français n’avait songé qu’à la France,et point à ses alliés, il pouvait accepter le marché proposé parl’Angleterre ; car la Martinique elle-même, seule perte directeet digne d’attention que la France eût faite dans cette guerre,était bien peu de chose à côté de l’Égypte, véritable empireplacé entre les mers de l’Orient et de l’Occident, commandantà la fois, et abrégeant la route de ces mers. Mais le PremierConsul tenait à honneur de faire rendre aux alliés de la Francela plus grande partie de leurs possessions. Il ne dépendait pasde lui d’épargner à la Hollande tous les sacrifices, auxquelsla condamnait la défection de sa marine, qui avait suivi,comme on sait, le stathouder en Angleterre ; mais il tenait àlui faire rendre le Cap et la Guyane ; il voulait que l’Espagne,qui n’avait rien acquis dans la guerre, ne perdit rien non plus,et qu’on lui rendit la Trinité et les Baléares; enfin il était dé-cidé à ne céder Malte à aucun prix, car c’était infirmer d’a-vance la conquête de l’Égvpte, la rendre précaire dans nosmains. Son intention était donc de laisser aux Anglaisl’Indostan, même avec les petits comptoirs de Chandernagoret de Pondichéry, qui n’avaient aucun intérêt pour nous ; d’yajouter Ceylan, propriété des Hollandais, mais d’exiger larestitution du Cap, des Guyanes, de la Trinité, de la Marti-nique, des Baléares, de Malte, et de conserver l’Egypte, enconsidérant cette conquête, comme l’équivalent pour la France,de l’acquisition du Continent des Indes par l’Angleterre. Onva voir comment il se conduisit pour arriver à ce but, pen-dant une négociation qui dura cinq mois entiers.
Manière de rai- A la prétention d’adopter Yuti possidetis , comme base du
sonner dos deux . , r . . , ,
négociateurs, futur traite de paix, le négociateur français fut charge de re-pondre par des arguments péremptoires. Yous voulez poseren principe, dit-il à lord Hawkesbury, que chacune des deux