Band 
[Vol. 2.]
Seite
24
JPEG-Download
 

‘24

LIVRE X.

Avril ibui. de plus de crédit que la couronne, et, en se servant de cecrédit, on avait pu achever les préparatifs commencés.

Vingt-cinq mille hommes, pas trop mal équipés, s’étaientenfin avancés vers Badajos; mais cela ne suflisait pas. Leprince de la Paix avait déclaré que, sans une division fran-çaise, on ne pouvait pas se hasarder à entrer en Portugal. LePremier Consul avait hâté la réunion de celte division àBordeaux; bientôt elle avait traversé les Pyrénées, et ellemarchait à grandes journées vers Ciudad-Rodrigo. Le princede la Paix voulait entrer avec les Espagnols par l’Alentejo,pendant que la division française pénétrerait par les provincesde Tras-os-Montes et de Beïra. Le général Saint-Cyr, qui de-vait commander les Français, était allé à Madrid concerter lesopérations avec le prince do la Paix; et, quoiqu’il fût peupropre à ménager la susceptibilité d’autrui, en ayant beau-coup lui-même, il avait réussi à faire accepter au prince debons avis, et à concerter avec lui un plan d’opérations con-venable.

Le Portugal, en se voyant serré de si près, avait envoyé àMadrid M. d’Aranjo, auquel on avait refusé passage. M. d’A-ranjo s’était alors rendu en France, où il avait trouvé lesmêmes refus. Le Portugal se disait prêt à subir toutes lesconditions, pourvu qu’il ne fût pas contraint à fermer sesports aux bâtiments de commerce anglais. Ces offres furentrepoussées. Il fut convenu qu’on lui demanderait l’expulsioncomplète des vaisseaux anglais, tant de guerre que de com-merce, qu’on tiendrait trois de ses provinces en dépôt, jus-qu’à la paix, et qu’on lui ferait payer enfin les frais de l’ex-pédition.

i.cs troupes Les troupes des deux nations se mirent en marche, et leen marciie vers prince de la Paix quitta Madrid, la tête remplie des plus beauxrêves de gloire. La cour et Lucien lui-même devaient l’accom-pagner. Le Premier Consul avait recommandé la plus exactediscipline aux troupes françaises; il leur avait prescrit d'en-