LIVRE X.
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v-rii 1801. par la flotte française de Rochefort. Ce n’était pas tout : l’Es-pagne, comme on doit s’en souvenir, avait promis le don desix vaisseaux. Il y avait contestation sur l’époque à laquellecette condition serait exécutée; mais, comme on allait livrerla Toscane, avant môme que la Louisiane fût remise à la France,il était bien juste que les vaisseaux fussent donnés immédia-tement. Le ministère espagnol se décida enfin à en choisirsix dans l’arsenal de Cadix, et à nous les abandonner sur-le-champ ; mais il ne voulait pas les livrer armés, et pourvus devivres. On ne pouvait cependant y envoyer de France descanons et du biscuit. C’étaient là de mesquines contestations,en présence de l’ennemi commun, qu’il fallait-battre par tousles moyens, si on voulait l’obliger à réduire ses prétentions.Ces difficultés furent enfin résolues comme le souhaitait lePremier Consul. On a déjà vu que l’amiral français Duma-noir était parti en poste pour Cadix, afin de veiller à l’équi-pement des vaisseaux espagnols devenus français, et d’enprendre le commandement. Cet amiral avait visité les portsd’Espagne, et y avait trouvé toute la confusion, tout le dénû-ment de l’opulence négligente et désordonnée. Avec les dé-bris d’un magnifique matériel, avec de nombreux bâtimentsfort beaux, mais désarmés, avec des établissements super-bes, il n’y avait à Cadix, faute de solde, ni un matelot,ni un ouvrier, pour remettre cette marine à flot. Toutétait livré au gaspillage et à l’abandon 1 . Le ministère françaisavait envoyé à l’amiral Dumanoir des crédits sur les maisonsles plus riches de Cadix, et, à force d’argent comptant, cet of-ficier était parvenu à vaincre les principales difficultés. Aprèsavoir choisi les vaisseaux qui avaient le moins souffert dutemps et de la négligence espagnole, il les arma en se servantdu matériel enlevé aux autres ; il se procura des matelots
1 Les rapports de cet amiral, qui existent aux archives, non de la marine,mais des affaires étrangères, présentent le plus curieux tableau de ce que peutdevenir un grand Etat dans de mauvaises mains.