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[Vol. 2.]
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Avril 1801.

La raded’Aboukir.

Debarquementdes Anglais, exé-cute le 8 mars.

50 LIVRE X.

jusqu’à Peluse, est à peine interrompu près de Rosette, deBourloz, de Damiette, de Peluse, par quelques ouvertures,à travers lesquelles les eaux du Nil se rendent à la mer.Baigné d’un côté par la Méditerranée, il est baigné de l’autrepar les lacs Maréotis et Madieh, par le lac d’Edko, par leslacs Bourloz et Menzaleh. Tout débarquement en Égyptedevait s’effectuer nécessairement sur l’un de ces bancs desable. Conduits par l’exemple et la nécessité, les Anglaisavaient choisi celui qui forme la plage d’Alexandrie. (Voir lacarte n° 18.) Ce banc, long d’environ quinze lieues, s’étendantentre la Méditerranée d’un côté, les lacs Maréotis et Madieh del’autre, porte à l’une de ses extrémités la ville d’Alexandrie,et, à l’autre, présente un rentrant demi-circulaire, qui se ter-mine à Rosette. C’est ce rentrant demi-circulaire, qui formela rade d’Aboukir. L’un des côtés de cette rade était défendupar le fort d’Aboukir, ouvrage des Français, battant de sesfeux la plage environnante. Venaient ensuite quelques monti-cules de sable, régnant autour du rivage, ' et allant expirer àl’autre côté de la rade, dans une plaine sablonneuse et unie.Le général Bonaparte avait ordonné de construire un ouvragesur ces monticules. Si on lui avait obéi, tout débarquementeût été impossible.

C’est au milieu de cette rade que la flotte anglaise vintmouiller, rangée sur deux lignes. Elle attendit sur ses ancresque la houle, devenue moins forte, permit de mettre les cha-loupes à la mer. Enfin, le 8 au matin (17 ventôse), le tempsétant plus calme, lord Keith distribua 5 mille hommes d’élite,dans 320 chaloupes. Ces chaloupes, disposées sur deux rangs,et dirigées par le capitaine Cochrane, s’avancèrent, ayant àchacune de leurs ailes une division de canonnières. Ces ca-nonnières recevaient et rendaient une canonnade fort vive.

Le général Friant, accouru sur les lieux, s’était formé unpeu en arrière du rivage, afin de mettre ses troupes à l’abri del’artillerie anglaise. Il avait jeté, entre le fort d’Aboukir et le