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LIVRE XI.
.Juillet i8ni. tout dépend du Premier Consul. 11 peut accorder ou refuserce traité; et il va le rejeter, il va faire occuper les principalesprovinces du Portugal, si l’Angleterre ne consent pas à la paix,à des conditions raisonnables et modérées. On demande,ajouta-t-il, que la France évacue l’Égypte, soit; mais l’An-gleterre, de son côté, abandonnera Malte ; elle n’exigera ni laMartinique, ni la Trinité, et se contentera de Pile de Ceylan,acquisition assez belle, et qui complète assez grandement lesuperbe empire des Indes.
Le négociateur anglais, en réponse à ces propositions, s’ex-pliqua d’une manière peu satisfaisante pour le Portugal, etqui prouvait, ce que d’ailleurs on savait déjà, que l’Angleterrese souciait médiocrement des alliés qu’elle avait compromis.Si le Premier Consul envahit les États du Portugal en Europe,répondit lord Ilawkesbury, l’Angleterre envahira les États duPortugal au delà des mers. Elle prendra les Açores, le Brésil,et se pourvoira de gages, qui, dans ses mains, vaudront beau-coup mieux que le Continent portugais dans les mains de laFrance. Ce qui signifiait qu’au lieu de défendre un allié, l’An-gleterre songeait à se venger, sur cet allié même, des nouvel-les acquisitions que pouvait faire sa rivale.
Le Premier Consul vit qu’il fallait prendre en cette occasionun ton énergique, et montrer ce qui était dans le fond de soncœur, c’est-à-dire la résolution de lutter corps à corps avecl’Angleterre, jusqu’à ce qu’il l’eût amenée à des prétentionsRésolution éner- modérées. Il déclara que jamais, à aucune condition, il nes ' qu cons > ui? m ‘ tr concéderait Malte; que la Trinité appartenait à un allié, dontil défendrait les intérêts comme les siens même; qu’il ne lais-serait pas celte dernière colonie aux Anglais, qu’ils devaientse contenter de Ceylan, complément bien suffisant de la con-quête des Indes, et que du reste aucun des points contestés,sauf Pile de Malte, ne valait une seule des douleurs qu’on allaitcauser au monde, une seule goutte du sang qu’on allait ré-pandre.