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LIVRE XII.
;.juin 1801.
Le cardinal Con-salvi se décidéà se rendreà Paris.
Départ
du cardinal Con-salvi pour Paris.
gnait comme particulièrement irrité contre le secrétaire d'État.Ces malheureux prêtres se faisaient mille idées fausses sur laFrance, sur son gouvernement; et, tout amélioré qu’on le di-sait, ils frémissaient à la seule pensée d’étre un moment entreses mains. Le cardinal se décida donc, mais comme on sedécide à braver la mort. — Puisqu’il faut une victime, dit-il,je me dévoue, et je m’en remets à la Providence. — Il eutmôme l’imprudence d’écrire à Naples des lettres conformes àces paroles, lettres qui furent connues de notre ministre àNaples et communiquées au Premier Consul. Celui-ci heureu-sement les jugea plutôt risibles qu’irritantes.
Mais le voyage à Paris du secrétaire d’État, était loin delever toutes les difficultés, et de prévenir tous les dangers. Ledépart de M. Cacault et sa retraite à Florence, où résidait lequartier-général de l’armée française, allait être une manifes-tation funeste peut-être pour les deux gouvernements deRome et de Naples. Ces deux gouvernements, en effet, étaientcontinuellement menacés par les passions comprimées, ettoujours ardentes, des patriotes italiens. Celui du Pape étaitodieux aux hommes qui ne voulaient plus être gouvernéspar des prêtres, et le nombre de ces hommes était granddans l’État romain; celui de Naples était justement abhorrépour le sang qu'il avait répandu. Le départ de M. de Cacaultpauvait être pris comme une sorte de permission, donnéeaux mauvaises têtes italiennes, d’essayer quelque tentativedangereuse. Le Pape le craignait ainsi. On convint' alors,pour prévenir toute interprétation fâcheuse, de faire partirensemble M. de Cacault et le cardinal Consalvi, lesquels de-vaient voyager de concert jusqu’à Florence. M. de Cacault enquittant Rome y laissa son secrétaire de légation.
MM. Consalvi et de Cacault sortirent de Rome le 6 juin(17 prairial), et s’acheminèrent vers Florence. Ils voyageaientdans la même voiture, et partout le cardinal montrait auxpopulations M. de Cacault en leur disant: Voilà le ministre de