LE TRIBUNAT.
257
Mais, en voulant qualifier les individus qui pourraient attenter Nov. isoi.au repos commun des deux pays, on avait employé le mot,qui naturellement se présentait comme le plus fréquemmentemployé dans la langue diplomatique, c’était le mot sujets. Onl’avait employé sans aucune intention, parce que c’est le motordinaire dans tous les traités, parce qu’on dit les sujets d’unerépublique, aussi bien que les sujets d’une monarchie. À peineavait-on achevé la lecture du traité que le tribun Thibaut, l’undes membres de l’opposition, demanda la parole. Il s’est glis-sé, dit-il, dans le texte de ce traité, une expression inadmis-sible dans notre langue, et qui ne saurait y être supportée. Ils’agit du mot sujets , appliqué aux citoyens de l’un des deuxEtats. Une république n’a point de sujets, mais des citoyens.
C’est sans doute une erreur de rédaction, mais il est indis-pensable de la réparer. — Ces paroles produisirent une agi-tation fort vive, comme il arrive toujours dans une assembléeémue à l’avance, qui attend un événement, et que chaque cir-constance, même légère, fait tressaillir, si elle touche auxobjets qui préoccupent les esprits. Le président coupa court àl’explication qui allait s’engager, en faisant remarquer que ladélibération n’était pas ouverte en ce moment, et que ces ob-servations devaient être réservées pour le jour où, sur le rap-port d’une commission, le traité présenté serait mis en dis-cussion. Ce rappel au règlement empêcha le tumulte d’éclaterà l’instant même, et une commission fut immédiatementnommée.
Cette manifestation accrut l’émotion qui régnait dans les Scrutins pour les
, , / places vacantes
grands corps de PEtat, et irrita davantage le Premier Consul. au s^nat.Les manifestations, par le moyen des élections de personnes,continuèrent. 11 y avait plusieurs places à remplir au Sénat.
Une était vacante par la mort du sénateur Crassous; deuxautres étaient à remplir en vertu de la Constitution. CetteConstitution, comme ou doit s’en souvenir, n’avait d’abordpourvu qu’à soixante places de sénateurs, sur les quatre-
tom. ni.