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LIVRE XIV.
Avril 1802 . vation trop marquante et trop brusque ; que le pouvoir réeldont il jouissait valait mieux que les honneurs extérieurs. LePremier Consul lui destinait d’ailleurs le chapeau de cardinal.
Quand ces nominations, qui étaient arrêtées, mais qui nedevaient être publiées qu’après la conversion du Concordaten loi de l’Etat, furent communiquées au cardinal Caprara,celui-ci opposa une vive résistance, versa même des larmes,se disant dépourvu de pouvoirs, bien qu’il eût reçu de Romeune latitude absolue, et jusqu’à la faculté extraordinaire d’in-stituer les nouveaux prélats, sans recours au Saint-Siège.MM. Portalis et Bernier lui déclarèrent que la volonté du Pre-mier Consul était irrévocable, qu’il fallait se soumettre, ou re-noncer à la restauration solennelle des autels, promise sousquelques jours. Il se soumit, écrivant au Pape que le salutdes âmes, privées de religion, s’il avait persisté, l’avait em-porté dans son esprit sur l’intérêt du clergé fidèle. — On meblâmera, disait-il au Saint-Père; mais j’ai obéi à ce que j’aicru la voix du ciel. —
Il consentit donc, se réservant d’exiger des constitution-nels nouvellement élus, une rétractation, qui couvrit cette der-nière condescendance du Saint-Siège.
Tout étant prêt, le Premier Consul fit apporter le Concordatau Corps législatif, pour y être voté comme une loi, suivantles prescriptions de la Constitution. Au Concordat étaientjoints les articles organiques. Ce fut le premier jour de lasession extraordinaire, 5 avril 1802 (15 germinal), que le Con-cordat fut présenté au Corps législatif par les conseillers d’EtatPortalis, Régnier, et Régnault de Saint-Jean-d’Angély. LeCorps législatif n’était point en séance quand le traité d’Ami-ens, signé le 25 mars, avait été connu à Paris. II n’avait doncpas été au nombre des autorités, venues pour féliciter le Pre-mier Consul. On proposa dès cette première séance d’en-voyer une députation de vingt-cinq membres, pour compli-menter le Premier Consul, à l’occasion de la paix générale.