LIVKE XIV.
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Mai 1802 . U ne le savait pas. 11 croyait que le moment présent n’encomportait pas beaucoup, car toute liberté accordée se chan-geait en réactions cruelles; et il croyait de plus que la libertéarrêterait son génie créateur. Du reste, il pensait peu alorsà cette question; et le pays, avide d’ordre seulement, ne l’vfaisait guère penser. 11 voulait donc fonder cette société d’a-près les principes de la Révolution française, lui donner debonnes lois civiles, une puissante administration, de richesfinances, et la grandeur extérieure, c’est-à-dire tous les biens,sauf un seul, laissant plus tard à d’autres, le soin de lui dispen-ser, ou de lui laisser prendre, ce qu’elle comporterait de libertépolitique.
C’est d’après ces idées qu’il avait conçu son système de ré-compenses civiles et militaires, et son plan d’éducation,institution Les armes d'honneur, imaginées par la Convention, n’avaient
<îe la Légion- / u x 1
<i’Honneur. guère réussi, parce qu’elles n’étaient pas adaptées aux mœurs.
Elles avaient d’ailleurs entraîné des complications administra-tives assez fâcheuses, à cause de la double paye accordée auxuns, refusée aux autres. Le Premier Consul imagina un ordremilitaire par la forme, mais non pas destiné aux militairesseuls. Il l’appela Légion-d’Honneur, voulant imprimer l’idéed’une réunion d’hommes voués au culte de l’honneur, et à ladéfense de certains principes. Elle devait être composée dela cohortes, chaque cohorte de 7 grands-officiers, 20 com-mandeurs, 30 officiers et 350 simples légionnaires, en tout 0Serment mille individus de tout grade. Le serment indiquait à quelle
des Idgiunuaires.
cause on devait se consacrer, lorsqu’on faisait partie de la Lé-gion-d’Honneur. Chaque membre promettait de se dévouer àla défense de la République, de l’intégrité de son territoire,du principe de l’égalité, de l’inviolabilité des propriétés ditesnationales. C’était, par conséquent, une légion qui mettraitson honneur à faire triompher les principes et les intérêts dela Révolution. Des décorations, et des dotations étaient atta-chées à chaque grade. 11 était alloué aux grands-officiers