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LIVRE XIV.
Mai 1802.
Svstèmc d éilu-eatiou imaginépar le Premiert'unsui.
Ktat de ('éduca-tion pendant lecours de la Ré-volution.
dos chefs d’année, des princes et des rois ! reconnaissons quecolle création d’une distinction honorifique était le triomphele plus éclatant do l’égalité même, non de celle qui égalise leshommes en les abaissant, mais de celle qui les égalise en lesélevant; reconnaissons enfin que, si, pour les grands de l’ordrecivil ou militaire, elle pouvait bien n’étre qu’une satisfactionde vanité, elle était pour le simple soldat rentré dans seschamps, l’aisance du paysan, en même temps que la preuvevisible de l’héroïsme.
Après ce beau système de récompenses, le Premier Consuls’était occupé avec non moins d’empressement d’un systèmed'éducation pour la jeunesse française. L’éducation, en effet,était alors nulle ou livrée aux ennemis de la Révolution.
Les corporations religieuses autrefois employées à élever lajeunesse, avaient disparu avec l’ancien ordre de choses. Ellestendaient bien h renaître; mais le Premier Consul n’avait gardede leur livrer lit génération nouvelle, les considérant commeles ouvriers secrets de ses ennemis. Les institutions par les-quelles la Convention avait cherché à les remplacer, n’avaientété qu’une chimère déjà presque évanouie. La Conventionavait voulu donner gratuitement l’instruction primaire au peu-ple, et l’instruction secondaire aux classes moyennes, de ma-nière à rendre l’une et l’autre accessible à toutes les familles.Lille n’avait abouti à rien. Les communes avaient donné auxinstituteurs primaires de logements, en général ceux des an-ciens curés de campagne, mais ne les avaient point appointés,ou du moins l’avaient fait avec des assignats. L’indigenceavait bientôt dispersé ces malheureux instituteurs. Les écolescentrales, dans lesquelles se dispensait l’instruction secondaire,placées dans chaque chef-lieu de département, étaient des éta-blissements en quelque sorte académiques, où se faisaient descours publics, auxquels la jeunesse pouvait assister quelquesheures par jour, mais en retournant ensuite dans les familles,ou dans des pensionnats formés par l’industrie particulière. La