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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Mai 1802.

Discussion dansle Conseil «l'Étatdu plan d’éduca-tion publique.

augurer chez elle le culte de la force. Honorons Pinlelligence,la vertu, les qualités civiles en un mot, dans toutes les profes-sions ; récompensons-les d’un prix égal dans toutes. —

Ces raisons, données avec chaleur, avec verve, et sortantde la bouche du plus grand capitaine des temps modernes,entraînèrent en le charmant, le Conseil d’Etat tout entier.Elles étaient, il faut le dire, sincères et intéressées tout à lafois. Le Premier Consul voulait qu’il fût bien entendu, surtoutpour les militaires, que ce n’était pas comme général seule-ment , mais comme homme de génie, qu’il était le chef de laFrance.

Ne pouvant le faire renoncer à son projet, on l’engagea ce-pendant à l’ajourner, lui disant que c’était trop tôt, qu’ayantdevancé peut-être le mouvement des esprits à l’égard du Con-cordat, il fallait s’arrêter un instant, et donner à l’opinion unmoment de répit. Il n’écouta aucun de ces conseils. Sa natureétait, en toutes choses, impatiente du résultat.

Le projet relatif au système d’éducation publique, soulevaaussi de graves objections, dans le sein du Conseil d’État. Leparti de la réaction monarchique n’était pas éloigné de sou-haiter le rétablissement des corporations religieuses. Le particontraire soutenait les écoles centrales, et demandait plutôtl’amélioration que l’abrogation de ce système. Ce derniermontrait aussi quelque défiance au sujet de ces 6,400 bourseslaissées à la distribution du gouvernement.

Les anciennes corporations ne sont pas de ce temps, disaitle Premier Consul, d’ailleurs elles sont ennemies. Le clergés’accommode du gouvernement actuel, il le préfère à la Con-vention et au Directoire; mais les Bourbons seraient bienmieux son fait. Quant aux écoles centrales, elles n’existent pas.C’est le néant. Il faut créer un vaste système, et organiserl’éducation publique en France. On croit peut-être que c’estdans un but d’influence que ces 6,400 bourses ont été imagi-nées. C’est voir la queslion par un bien petit côté. I)e l’in-