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rapprochement.— On passe par-dessus les dernières difficultés, et la paixse conclut, sous forme de préliminaires, par le sacrifice de l'ile de la Trinité.— Joie inouïe en Angleterre et en France. — Le colonel Lauriston, chargéde porter à Londres la ratification du Premier Consul, est conduit entriomphe pendant plusieurs heures. — Réunion d’un congrès dans la villed’Amiens pour conclure la paix définitive — Suite de traités signés coupsur coup. — Paix avec le Portugal, la Porte-Ottomane, la Bavière, la Rus-sie etc. — Fête à la paix, fixée au 18 brumaire. — Lord Cornwallis, pléni-potentiaire au congrès d’Amiens, assiste à cette fête. — Accueil qu’il reçoitdu peuple de Paris. — Banquet de la Cité à Londres. — Témoignagesextraordinaires de sympathie que se donnent en ce moment les deuxnations. 87 à 148
LIVRE DOUZIEME.
CONCORDAT.
L’Église catholique pendant la Révolution française. — Constitution civiledu clergé décrétée par l'Assemblée Constituante. — Cette Constitutionavait voulu assimiler l’administration des cultes à celle du royaume, établirun diocèse par département, faire élire les évêques par les fidèles, et lesdispenser de l’institution canonique. — Serment à cette Constitution exigéde la part du clergé. — Refus de serment, et schisme. — Diverses caté-gories de prêtres, leur rôle et leur influence. — Inconvénients de cet étatde choses. — Moyens qu'il fournit aux ennemis de la Révolution, pourtroubler l’État et les familles. — Divers systèmes proposés pour porterremède au mal. — Le système de l’inaction. — Le système d’une Églisefrançaise, dont le Premier Consul serait le chef. — Le système d’un fortencouragement au protestantisme. — Opinions du Premier Consul sur lesdivers systèmes proposés. — Il forme le projet de rétablir la religion catho-lique, en appropriant sa discipline aux nouvelles institutions de la France.— Il veut la déposition des évêques anciens titulaires, une circonscriptioncomprenant 60 sièges au lieu de 158, la création d'un nouveau clergé com-posé de prêtres respectables de toutes les sectes, l'attribution à l’État de lapolice des cultes, un salaire aux prêtres au lieu d’une dotation territoriale,enfin la consécration par l’Eglise de la vente des biens nationaux. — Rela-tions amicales du pape Pie VII avec le Premier Consul. — Monsignor Spina,chargé de négocier à Paris, retarde la négociation dans un intérêt temporeldu Saint-Siège. — Désir secret de recouvrer les Légations. — MonsignorSpina sent enfin le besoin de se hâter. — Il s'abouche avec l’abbé Bernier,chargé de traiter pour la France. — Difficultés du plan proposé à la courromaine. — Le Premier Consul envoie son projet à Rome, et demande auPape de s’expliquer. — Trois cardinaux consultés. — Le Pape, après cetteconsultation, veut que la religion catholique soit déclarée religion de l’État,qu'on le dispense de déposer les anciens titulaires, et de consacrer autre-ment que par son silence la vente des biens d’Église etc. — Débats avecM. de Cacault, ministre de France à Rome. — Le Premier Consul, fatiguéde ces lenteurs, ordonne à M. de Cacault de quitter Rome sous cinq jours,si le Concordat n’est pas adopté dans ce délai. — Terreurs du Pape et ducardinal Consalvi. — M. de Cacault suggère au cabinet pontifical l'idéed'envoyer à Paris le cardinal Consalvi.— Départ de celui-ci pour la France,et ses frayeurs. — Son arrivée à Paris. — Accueil bienveillant du PremierConsul. — Conférences avec l’abbé Bernier. — On s’entend sur le principe