Band 
[Vol. 2.]
Seite
18
JPEG-Download
 

18

LIVRE XV.

Août 1802.Démêlé

promptement ter-miné avec le de.vd'Alger*

Le dey d’Alger avait été assez malavisé pour traiter la Francecomme il traitait les puissances chrétiennes du second ordre.Deux bâtiments français s’étaient vus arrêtés dans leur marcheet conduits à Alger. Un de nos officiers avait été molesté dansla rade de Tunis par un officier algérien. L’équipage d’unvaisseau échoué sur la côte d’Afrique était retenu prisonnierpar les Arabes. La pêche du corail se trouvait interrompue.Enfin un bâtiment napolitain avait été capturé par des cor-saires africains dans les eaux des îles d’IIyères. Interpellé surces divers objets, le gouvernement algérien osa demander,pour rendre justice à la France, un tribut semblable à celuiqu’il exigeait de l’Espagne et des puissances italiennes. LePremier Consul, indigné, fit partir à l’instant même un officierde son palais, l’adjudant Ilullin, avec une lettre pour le dey.Dans cette lettre il rappelait au dey qu’il avait détruit l’empiredes Mamelucks ; il lui annonçait l’envoi d’une escadre et d’unearmée, et le menaçait de la conquête de toute la côte d’Afrique,si les Français et les Italiens détenus, si les bâtiments cap-turés, n’étaient rendus sur-le-champ, et si une promesse for-melle n’était faite de respecter à l’avenir les pavillons de Franceet d’Italie. — Dieu a décidé, lui disait-il, que tous ceux quiseront injustes envers moi seront punis. Je détruirai votreville et votre port, je m’emparerai de vos côtes, si vous nerespectez la France, dont je suis le chef, et l’Italie, où jecommande. — Ce qu’il disait, le Premier Consul songeait eneffet à l’exécuter, car il avait déjà fait la remarque que le nordde l’Afrique était d’une grande fertilité, et pourrait être avan-tageusement cultivé par des mains européennes, au lieu deservir de repaire à des pirates. Trois vaisseaux partirent deToulon, deux furent mis en rade, cinq eurent ordre de passerde l’Océan dans la Méditerranée. Mais toutes ces dipositionsfurent inutiles. Le dey, apprenant bientôt à quelle puissanceil avait affaire, se jeta aux pieds du vainqueur de l’Égypte,remit tous les prisonniers chrétiens qu’il détenait, les bâti-