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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI.

er. la», jour suivant, les troupes se mirent en marche pour tourner laville, et l’escadre s’engagea dans les passes. Deux vaisseaux,le Patriote et le Scipion, s’embossèrent devant le fort Picolet,qui tirait à boulet rouge, et l’eurent bientôt réduit au silence.du("p ie j° urn ® e était avancée; la brise de terre, qui le soir succèdeà la brise du large, obligeait de nouveau l’escadre à s’éloigner,pour n’aborder que le lendemain. Tandis qu’on gagnait la pleinemer, on eut la douleur devoir une lueur rougeâtre s’élever surles flots, et bientôt les flammes dévorer la ville du Gap. Chris-tophe, quoique moins féroce que son chef, avait cependant obéià ses ordres ; il avait mis le feu aux principaux quartiers, et,se bornant au meurtre de quelques blancs, avait obligé lesautres à le suivre dans les mornes. Pendant qu’une partie deces malheureux blancs expirait sous le fer des nègres, ou étaitemmenée par eux, le reste, suivant en troupe la municipalité,avait échappé à Christophe, et cherchait à se sauver en venantse jeter dans les bras de l’armée française. L’anxiété fut grandependant cette horrible nuit, et parmi ces infortunés exposésà tant de dangers, et parmi nos troupes de terre et do merqui voyaient l’incendie de la ville et l’affreuse situation de leurscompatriotes, sans pouvoir leur porter secours.

Le jour suivant, 6 février, tandis que le capitaine généralLeclerc marchait en toute hâte sur le Cap, en tournant leshauteurs, l’amiral fit voile vers le port, et vint y jeter l’ancre.La résistance avait cessé par la retraite des nègres. Il débarquasur-le-champ douze cents matelots, sous le commandement dugénéral Humbert, pour courir au secours de la ville, en arra-cher les débris à la fureur des nègres, et donner la main aucapitaine général. Ce dernier arrivait de son côté, sans pou-voir atteindre Christophe qui avait déjà pris la fuite. On trouvala portion des habitants qui avait suivi la municipalité, erranteet désolée, mais rendue bientôt à la joie, en se voyant sipromptement secourue, et définitivement arrachée au péril.Elle courut à ses maisons incendiées. Les troupes de marine