LIVRE XVI.
Août 180?.
Administration<)u cierge.
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no seraient pas des penseurs, et des penseurs qui ne seraientpas des écrivains, ne seraient ni l’un ni l’autre; et qu’enfin unsiècle, môme riche en talents, pourrait à peine fournir à uneseule de ces compagnies des membres dignes d’elle, si on nevoulait descendre à la médiocrité. Ces idées, vraies ou fausses,étaient, chez le Premier Consul, plutôt un prétexte qu’uneraison, pour se défaire d’une société littéraire qui contrariaitses vues politiques îi l’égard du rétablissement des cultes.Des deux classes il ne lit donc qu’une seule, en y ajoutantMM. Suard, Morellet, Fontanes, et la déclara seconde classe del’Institut, répondant à l’Académie française. Tandis qu’il opé-rait cette réunion, il demandait au savant Ilaily un ouvrageélémentaire sur la physique, lequel manquait encore dans l’en-seignement, et répondait à Laplace, qui venait de lui adresserla dédicace de son grand ouvrage sur la mécanique céleste,ces paroles si noblement orgueilleuses : « Je vous remercie de«votre dédicace, et je désire que les générations futures, en«lisant votre ouvrage, n’oublient pas l’estime et l’amitié que» j’ai portées à son auteur.» (26 novembre 1802.)
Le Premier Consul observait avec attention la conduite duclergé depuis la restauration des cultes. Les évôques nommésétaient presque tous établis dans leurs diocèses. La pluparts’y conduisaient bien; quelques-uns cependant, pleins encorede l’esprit de secte, avaient le tort de ne pas apporter dansleurs nouvelles fonctions la douceur, l’indulgence évangéliques,qui pouvaient seules mettre fin au schisme. Si MM. de lîelloyà Paris, de Boisgelin à Tours, Bernier à Orléans, Cambacérèsà Rouen, de Pancemont à Vannes, se montraient de vrais pas-teurs, pieux et sages, d’autres avaient laissé paraître de fâ-cheuses tendances dans l’exercice de leur ministère. L’évéquedo Besançon, par exemple, janséniste et ancien constitution-nel, voulait prouver à ses prêtres que la constitution civile duclergé était une institution vraiment évangélique et orthodoxe,conforme à l’esprit de la primitive Église. Aussi le trouble ré-