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LIVRE XVI.

Mars 1803.

Démarchéà l’eirardde I empereurde Ittissie.

Le PremierConsul se dé-cidé à céderla Louisianeaux

Américains,moyennantune sommeconsidérable.

Le premier Consul crut aussi devoir faire une démarchede convenance envers l’empereur de Russie. Il avait traitéjusqu’ici, avec ce souverain, quelques-unes des grandes af-faires de l’Europe, et il voulait l’intéresser à sa cause, en leconstituant juge de ce qui se passait entre la France et l’An-gleterre. Il lui écrivit une lettre dont le colonel Colbert devaitêtre porteur, et dans laquelle, rappelant tous les événementspassés depuis la paix d’Amiens, il se montrait disposé, sansla demander toutefois, à se soumettre à sa médiation, dansle cas où la Grande-Bretagne s’y soumettrait de son côté,tant il comptait, disait-il, sur la bonté de sa cause et la justicede l’empereur Alexandre.

A toutes ces déterminations prises si promptement, devaits’en ajouter une dernière, relativement à la Louisiane. Lesquatre mille hommes destinés à l’occuper venaient d’ôtre dé-barqués. Mais que faire? quel parti prendre à l’égard de cetteriche possession? Il n’y avait pas à s’inquiéter pour nos autrescolonies. Saint-Domingue était rempli de troupes, et on em-barquait en hâte sur tous les bâtiments de commerce, prêts àmettre à la voile, les soldats disponibles dans les dépôts co-loniaux. La Guadeloupe, la Martinique, l’ile de France, étaientpourvues aussi de fortes garnisons, et il aurait fallu d’im-menses expéditions pour les disputer aux Français. Mais laLouisiane ne contenait pas un soldat. C’était une vaste pro-vince que quatre mille hommes ne suffisaient pas pour occu-per en temps de guerre. Les habitants, quoique d’originefrançaise, avaient tant changé de maîtres depuis un siècle,qu’ils ne tenaient plus à rien qu’à leur indépendance. LesAméricains du Nord étaient peu satisfaits de nous voir enpossession des bouches du Mississipi, et de leur principaldébouché dans le golfe du Mexique. Ils étaient même en ins-tance auprès de la France, afin de ménager à leur commerceet à leur navigation des conditions avantageuses de transit,dans le port de la Nouvelle-Orléans. 11 fallait donc compter