LIVRE XVII.
Juin 1803.
Le renouvel-lementde la guerreimpute'en France àl’AngleterreSeule.
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ministres, ries ambassadeurs, des évéqncu. —Le cardinal Caprara en Bel-gique. — Voyage a Bruxelles de M. Lombard, secrétaire du roi de Prusse.— Le Premier Consul cherche à rassurer le roi Fréderic-Guillaume par defranches communications. — Retour à Paris. — Le Premier Consul veut enfinir de la médiation de la Russie, et annonce une guerre à outrance contrel'Angleterre. — II veut enfin obliger l’Espagne à s'expliquer, et à exécuterle traité de Saint»Ildephonse, en lui laissant le choix des moyens. — Con-duite étrange du prince de la Paix. — Le Premier Consul fait une démarcheauprès du roi d’Espagne, pour lui dénoncer ce favori et ses turpitudes. —Triste abaissement de la cour d'Espagne. — Elle se soumet, et promet unsubside. — Continuation des préparatifs de Boulogne. — Le Premier Consulse dispose à exécuter son entreprise dans l'hiver de 1803. — Il se crée unpied-à-terre près de Boulogne, au Pont-de-Briqucs, et y fait des apparitionsfréquentes. — Réunion dans la Manche de toutes les divisions de la Houille.—Brillants combats des chaloupes canonnières contre des bricks et des fré-gates. — Confiance acquise dans l’expédition. — Intime union des matelotset des soldats. — Espérance d’une exécution prochaine. — Événementsimprévus qui rappellent un moment l’attention du Premier Consul sur lesaffaires intérieures.
Le goût de la guerre qu’on devait naturellement supposerau Premier Consul, l’aurait rendu suspect à l’opinion publiqueen France, et fait accuser peut-être de trop de précipitation àrompre, si l’Angleterre, par la violation manifeste du traitéd’Amiens, ne s’était chargée de le justifier complètement. Maisil était évident, pour tous les esprits, qu’elle n’avait pas ré-sisté à la tentation de s’approprier Malte, et de se procurerainsi une compensation peu légitime de notre grandeur. Onacceptait donc la rupture comme une nécessité d’honneur etd’intérêt, bien qu’on ne se fit aucune illusion sur ses consé-quences. On savait que la guerre avec l’Angleterre pouvaittoujours devenir la guerre avec l’Europe ; que sa durée étaitaussi incalculable que son étendue, car il n’était pas faciled’aller la terminer à Londres, comme on allait terminer auxportes de Vienne une querelle avec l’Autriche. Elle devaitporter de plus un dommage mortel au commerce, car les mersne pouvaient manquer d’être bientôt fermées. Cependant deuxconsidérations en diminuaient beaucoup le chagrin pour laFrance. Sous un chef tel que Napoléon, la guerre n’était plusle signal de nouveaux désordres intérieurs, et on se flattait,en outre, d’assister peut-être à quelque merveille de son gé-