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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juin 1803.

Les Anglaiscourent surle commercefrançais avantaucunedéclarationrégulièrede guerre.

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» partis qu’il tient en silence autour de lui, ne disputeront plus» que de zèle et de courage. Tous sentent qu’ils ont besoin de» son génie, et reconnaissent que seul il peut porter le poids«et la grandeur de nos nouvelles destinées....

» Citoyen Premier Consul, le peuple français ne peut avoir» que de grandes pensées et des sentiments héroïques comme» les vôtres. Il a vaincu pour avoir la paix; il la désire comme» vous, mais comme vous il ne craindra jamais la guerre. L’Àn-«gleterre, qui se croit si bien protégée par l’Océan, ne sait-» elle pas que le monde voit quelquefois paraître des hommes«rares, dont le génie exécute ce qui, avant eux, paraissait«impossible? Et si l’un de ces hommes avait paru, devrait-» elle le provoquer imprudemment , et le forcer à obtenir de« sa fortune tout ce qu’il a droit d’en attendre ? Un grand» peuple est capable de tout avec un grand homme, dont il ne« peut jamais séparer sa gloire, ses intérêts et son bonheur. »

A ce langage brillant et apprêté, on ne pouvait plus sansdoute reconnaître l’enthousiasme de quatre-vingt-neuf, maison y sentait la confiance immense que tout le monde éprouvaitpour le héros qui avait en main les destinées de la France, etduquel on attendait l’humiliation ardemment désirée de l’An-gleterre. Une circonstance, d’ailleurs facile à prévoir, accrutsingulièrement l’indignation publique. Presque au moment dudépart des deux ambassadeurs, et avant toute manifestationrégulière, on apprit que les vaisseaux de la marine royaleanglaise couraient sur le commerce français. Deux frégatesavaient enlevé, dans la baie d’Audierne, des vaisseaux mar-chands qui cherchaient un refuge à Brest. Bientôt à ces pre-miers actes vinrent s’en ajouter beaucoup d’autres, dont lanouvelle arriva de tous les ports. C’était une violence peu con-forme au droit des gens. Il y avait une stipulation formelle àce sujet dans le dernier traité signé entre l’Amérique et laFrance (30 septembre 1800, — art. 8); il n’y avait rien depareil, il est vrai, dans le traité d’Amiens. Ce traité ne stipu-