LIVRE XVII.
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Juin 1803 . y cette époque. Aucune maison en France n’aurait voulusouscrire un emprunt. Elle aurait perdu tout crédit, en avouantqu’elle était liée d’affaires avec l’État; et si des spéculateurstéméraires avaient consenti à faire un prêt, ils auraient toutau plus donné 50 francs d’une rente 5 pour cent, ce qui au-rait exposé le trésor à supporter l’énorme intérêt de 1 0 pourLe Premier cent. Le Premier Consul no voulait donc pas d’une ressource
Consul
repousse aussi coûteuse. Il y avait une autre manière alors d’emprunter;o-rounr c’était de s’endetter avec les grosses compagnies de fournis-seurs, chargées de l’approvisionnement des armées, en s’ac-quittant inexactement de ce qu’on leur devait. Elles s’en dé-dommageaient en faisant payer les services deux ou trois foisce qu’ils valaient. Aussi les spéculateurs hardis, qui aimentles grandes affaires, au lieu de s’attacher aux emprunts, sejetaient-ils avec avidité sur les fournitures. On aurait eu lemoyen, par conséquent, en s’adressant à eux, de suppléer aucrédit; mais ce moyen était encore beaucoup plus cher queles emprunts môme. Le Premier Consul entendait payer lesfournisseurs régulièrement, pour les obliger à exécuter régu-lièrement leurs services, et à les exécuter à des prix raison-nables. Il ne voulait donc ni de la ressource des aliénationsde biens nationaux, qui ne pouvaient pas encore se vendreavec avantage, ni de la ressource des emprunts, alors tropdifficiles et trop chers, ni enfin de la ressource des grandesfournitures, entraînant des abus difficiles à calculer. Il se flat-tait, avec beaucoup d’ordre et d’économie, avec l’accroisse-ment naturel du produit des impôts, et quelques recettes ac-cessoires que nous allons faire connaître, d’échapper aux duresnécessités que les spéculateurs font subir aux gouvernementsqui sont privés à la fois de revenus et de crédit.
Le dernier budget, celui de l’an x (septembre 1801 à sep-tembre 1802), avait été fixé à 500 millions (620 avec les fraisde perception et,les centimes additionnels). Ce chiffre n’avaitpas été dépassé, ce qui était dû à la paix. Les impôts seuls