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LIVRE XVII.
Juin 1803.
Nécessitéde trouverune ressourceannuelle decent millionspour ajouterau budget
Recette»
d'Italie.
tion de dépenses avec l’accroissement supposé du produit desimpôts, avec les centimes additionnels consacrés auparavantaux dépenses fixes des départements, et avec plusieurs re-cettes étrangères provenant des pays alliés. Le budget cou-rant devait donc être considéré comme en équilibre, sauf unexcédant indispensable pour les frais de la guerre. Et il n’é-tait pas supposable en effet qu’une vingtaine de millions ajou-tés à l’entretien de la marine, une trentaine ajoutés à l’entre-tien de l’armée, pussent suffire aux besoins de la nouvellesituation. La guerre avec le continent coûtait ordinairementassez peu, car nos troupes victorieuses, passant le Rhin etl’Àdige, dès le début des opérations, allaient se nourrir auxdépens de l’ennemi; mais ici ce n’était pas le cas. Les sixcamps établis sur le littoral de la Hollande aux Pyrénées, de-vaient vivre sur le sol français, jusqu’au jour où ils franchi-raient le détroit. 11 fallait pourvoir en outre aux dépensesdes nouvelles constructions navales, et placer sur nos côtesune masse énorme d’artillerie. Cent millions de plus par anétaient à peine suffisants, pour faire face aux besoins de laguerre avec la Grande-Bretagne 1 . Voici les ressources dont lePremier Consul entendait se servir.
Nous venons de mentionner quelques recettes étrangères,déjà portées au budget de l’an xi, afin de couvrir en partie lasomme de 89 millions, dont ce budget dépassait le budget del’an x. Ces recettes étaient celles d’Italie. La République ita-lienne n’ayant pas encore d’armée, et ne pouvant se passerde la nôtre, payait 1,600 mille francs par mois (19,200,000francs par an) pour l’entretien des troupes françaises. La Li-gurie, placée dans le même cas, fournissait 1,200 mille francspar an; Parme, 2 millions. C’était une ressource annuelle de
1 Cette somme paraîtra bien peu (le ebose en jugeant d'après le chiffreactuel de nos budgets ; mais il faut toujours se reporter aux valeurs du temps,et se dire que XOO millions alors répondaient à 200 ou 250 d'aujourd'hui, peut-être davantage, quand il s'agit de dépenses militaires.