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LIVRE XVII.
Nov. 1803. les uns aux autres. Mais, pour cela, il fallait plusieurs moisencore, soit pour l’équipement de la flottille batave, soit pourl’achèvement des ports de Wimereux et d’Ambleteusc.
Deux autres portions de l’armée d’invasion n’étaient pasprêtes : l’escadre de Brest, destinée à jeter le corps d’Auge-reau en Irlande, et l’escadre hollandaise du Texel, destinée àembarquer le corps de 20 mille hommes, campé entre Utrechtet Amsterdam. C’étaient ces deux corps qui, joints aux 120mille hommes du camp de Boulogne, portaient à 160 mille,sans les matelots, le total de l’armée d’invasion. Il fallait en-core quelques mois pour que la flotte du Texel et celle deBrest fussent complètement armées.
R à l iVl?otto 1<5 Restait enfin une dernière condition de succès à se procurer,ae Toulon. ^ cc ^ e condition, le Premier Consul la regardait, pour sonentreprise, comme la certitude môme de la réussite. Ces bâ-timents , maintenant éprouvés, pouvaient parfaitement fran-chir les dix lieues du détroit, puisque la plupart d’entre euxavaient fait cent et deux cents lieues, pour se rendre à Bou-logne, et souvent, par leur feu divisé et rasant, avaient ré-pondu avec avantage au feu dominant et concentré des vais-seaux. Ils avaient la chance de passer sans être atteints ouvus, soit dans les calmes d’été, soit dans les brumes d’hiver;et, dans la supposition la plus défavorable, s’ils étaient ex-posés à rencontrer les vingt-cinq ou trente corvettes, brickset frégates de la croisière anglaise, ils devaient passer, fal-lût-il sacrifier cent chaloupes ou bateaux sur les 2,300 dontse composait la flottille '. Mais il y avait un cas où toute mau-
1 Voici l'extrait d’une lettre du ministre Decrès, qui était, de tous les hom-mes employés auprès de Napoléon, celui qui avait le moins d’illusions, et quiprouve qu’avec le sacrifice d’une centaine de bâtiments on croyait pouvoirpasser.
Boulogne, 7 janvier 1É04.
Le ministre de la marine au Premier Consul.
On commence à croire fermement dans la flottille que le départ est plus