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LIVRE XXV.
Octob. 1806. de leur sincérité, s’excusant de combattre si tard l’ennemicommun, par l’assurance de l’avoir détesté toujours.
C’est au milieu de cette étrange réunion de militaires, deprinces , de ministres, d’hommes, de femmes, tous se mêlantd’opiner, de conseiller, d’approuver ou de blâmer, qu’on dis-cutait la politique et la guerre. M. d’Haugwitz, qui cherchaità prolonger ses illusions, comme il avait cherché à prolongerson pouvoir, tâchait de persuader à chacun que tout allaitbien, très-bien, beaucoup mieux qu’on n’aurait pu l’espérer.11 se vantait d’avoir trouvé chez l’Autriche des dispositionsextrêmement amicales, et parlait même de communicationssecrètes qui faisaient présager le concours prochain de cettepuissance. 11 célébrait la générosité de l’empereur Alexandre,et publiait à titre de nouvelle certaine l’arrivée immédiate destroupes russes sur l’Elbe. Il donnait comme acquise l’adhésionde l'électeur de Hesse, et l’adjonction à l’armée prussiennede trente mille Hessois, soldats les meilleurs de la Confédé-ration! Enfin il annonçait la réconciliation soudaine de la Prusseavec l’Angleterre, et le départ d’un plénipotentiaire britanniquepour le quartier-général prussien. M. d’Haugwitz ne pouvaitcroire cependant à la vérité do ces nouvelles, car il savaitque l’Autriche, gardant le souvenir de la conduite tenue à sonégard, se joindrait à la Prusse le jour seulement où Napoléonserait vaincu, c’est-à-dire quand on n’aurait presque plusbesoin d’elle; que les troupes russes arriveraient sur l’Elbedans trois ou quatre mois, c’est-à-dire à une époque où laquestion serait décidée; que l’électeur de Hesse, toujoursastucieux, attendait le résultat de la première bataille pourse prononcer; que l’Angleterre enfin, dont la réconciliationavec la Prusse était en effet certaine, ne pouvait fournir quede l’argent, tandis qu’il aurait fallu des soldats pour les opposeraux terribles soldats de Napoléon. Il savait que la questionconsistait toujours à vaincre avec l’armée prussienne, réduiteà ses propres forces, énervée par une longue paix, commandée