Band 
[Vol. 4.]
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Ilill

LIVRE XXVI.

Nov. 1806.

Effetproduiten Europepar la subitedestruction 'de la puissanceprussienne.

<le la basse Vistulc, et forme un dixième corps sous le maréchal Lefebvre,pour commencer le siège de Dantzig. — Admirable prévoyance pour l’ap-provisionnement et la sûreté de ses quartiers d’hiver. — Travaux dePraga, de Modlin, de Sierock. — Etat matériel et moral de l’armée fran-çaise. — Gaieté des soldats au milieu d’un pays nouveau pour eux. —Le prince Jérôme et le général Vandamme, à la tète des auxiliaires alle-mands, assiègent les places de la Silésie. — Courte joie à Vienne, où l’oncroit un moment aux succès des Russes. — Une plus exacte appréciationdes faits ramène la cour de Vienne à sa réserve ordinaire. — Le géné-ral Benningsen , devenu général en chef de l’armée russe, veut reprendreles hostilités en plein hiver, et marche sur les cantonnements de l’arméefrançaise en suivant le littoral de la Baltique. — Il est découvert par lemaréchal Ney, qui donne l’éveil à tous les corps. — Beau combat du ma-réchal Bernadotte à Mohrungen. — Savante combinaison de Napoléonpour jeter les Russes à la mer. —Cette combinaison est révélée à l’ennemipar la faute d'un officier qui se laisse enlever ses dépêches. — Les Rossesse retirent à temps. — Napoléon les poursuit à outrance. — Combats deWaltersdorf et de Hoff. — Les Russes, ne pouvant fuir plus long-temps,s'arrêtent à Eylau, résolus à livrer bataille. — L’armée française, mou-rant de faim et réduite d’un tiers par les inarches, aborde l'armée russe,et lui livre à Eylau une bataille sanglante. — Sang-froid et énergie deNapoléon. — Conduite héroïque de la cavalerie française. — L'arméerusse se retire presque détruite; mais l’armée française, de son côté, aessuyé des pertes cruelles. — Le corps d'Augereau est si maltraité qu'il.faut le dissoudre. — Napoléon poursuit les Russes jusqu’à Kœnigsberg,et, quand il s’est assuré de leur retraite au delà de la Pregel, reprend saposition sur la Vistule. — Changement apporté à l'emplacement de sesquartiers. — Il quitte la haute Vistule pour s’établir en avant de la basseVistule, et derrière la Passarge, afin de mieux couvrir le siège de Dantzig.■«— Redoublement de soins pour le ravitaillement de ses quartiers d’hiver.— Napoléon, établi à Osterode dans une espèce de grange, emploie sonhiver à nourrir son armée, à la recruter, à administrer l'Empire, et à con-tenir l'Europe. — Tranquillité d'esprit, et incroyable variété des occupa-tions de Napoléon à Osterode et à Finkenstein.

Napoléon avait en un mois renversé la monarchie prus-sienne, détruit ses armées, conquis la plus grande partie deson territoire. Il restait au roi Frédéric-Guillaume une pr°'vince et vingt-cinq mille hommes. A la vérité les Russes, ap-pelés avec instance par la cour de Berlin, qui était réfugiéeà Kœnigsberg, accouraient aussi vite que le permettaient l’é-loignement , la saison, et l’impéritie d’une administration àdemi barbare. Mais on avait vu les Russes à Austerlitz, etmalgré leur bravoure, on ne pouvait pas attendre d’eux qu’ü schangeassent le destin de la guerre. Les cabinets et les aristo-craties de l’Europe étaient plongés dans une profonde cons-ternation, Les peuples vaincus, partagés entre le patriotisme