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LIVRE XXVI.

Sov. 1806.

La Turquie,après voir variédans sesdispositions,finit par serapprocher deia France.

Caractère etsentiments dusultan Sélim.

La Porte déposeles deuxhospodarsIpsiianti etMaruzzi,notoirementdévoués àl’Angleterre età la Russie.

vers Napoléon par l’instinct d’un intérêt commun, tantôtéloigné de lui par les intrigues de l’Angleterre et de la Rus-sie , exploitant auprès du divan le souvenir des Pyramideset d’Aboukir. Rentré en paix avec la France à l’époque duConsulat, retombé en froideur lors de création de l’Empire,qu’il avait refusé de reconnaître, le sultan Sélim avait été parla bataille d’Austerlitz définitivement conduit à un rapproche-ment, qui était bientôt devenu de l’intimité. Il avait non-seu-lement concédé à Napoléon le titre de Padisba, d’abord dénié,mais il avait envoyé à Paris un ambassadeur extraordinaire,pour lui apporter avec l’acte de la reconnaissance des félici-tations et des présents. Le sultan Sélim, en agissant ainsi,avait cédé au vrai penchant de son cœur, qui l’entraînait versla France, malgré les intrigues dont il était assailli, et dont leredoublement attestait la triste décadence de l’Empire. Ceprince, doux, sage, éclairé comme un Européen, aimant lacivilisation de l’Occident, non par une fantaisie de despote,mais par un vif sentiment de la supériorité de cette civilisa-tion sur celle de l’Orient, avait dès sa jeunesse, lorsqu’il étaitenseveli dans la molle obscurité du sérail, entretenu parM. Ruffin , une correspondance personnelle et secrète avecLouis XVI. Monté depuis sur le trône, il avait conservé pourla France une préférence marquée, et il était heureux de trou-ver dans ses victoires une raison décisive de se donner à elle-Les Russes et les Anglais voulaient combattre ce penchant)même à main armée. Une occasion s’olfrait pour éprouver leurinfluence à Constantinople, c’était le choix à faire des deuxhospodars de Valachie et de Moldavie. Les hospodars Ipsiiantiet Maruzzi, voués à l’Angleterre, à la Russie, à quiconquedésirait la ruine de l’empire turc, car ils étaient les véritablesprécurseurs de l’insurrection grecque, se montraient dans leuradministration les complices déclarés des ennemis de la Porte-Les choses en étaient venues à ce point que celle-ci s’étadvue obligée de révoquer des agents infidèles et dangereux- La