190
LIVRE XXVI.
Kov. 1806 hommes les plus exercés, pour les envoyer partout où se ma-nifesterait un besoin imprévu.
Napoléon avait déjà fait sortir des dépôts une douzaine demille hommes, lesquels avaient été conduits en gros détache -ments de l’Alsace en Franconie, de la Franconie en Saxe,pour remplir les vides produits dans ses cadres par la guerre.Sept à huit mille venaient d’arriver, quatre à cinq milleen'égtaentB ^ taient encore e n marche. Ce n’était pas tout à fait l’équivalentpro ren 0 foits de * d e ce qu’il avait perdu, bien plus du reste par les fatiguesgramio' 3 armée. que par le feu. Se préoccupant surtout des distances aux-quelles la guerre allait être portée, il imagina un système,profondément conçu, pour amener les conscrits du Rhin surla Vistule, pour les y amener de manière qu’ils ne courussentaucun danger pendant la longueur du trajet, qu’ils ne se dis-persassent pas en route, et que, chemin faisant, ils pussentrendre des services sur les derrières de l’armée. Ces déta-chements extraits de chaque bataillon de dépôt, devaient for-mer une ou plusieurs compagnies suivant leur nombre; cescompagnies devaient être ensuite réunies en bataillons, et cesbataillons eu régiments provisoires de 12 ou 1,500 hommes.On devait leur donner pour la route des officiers pris momen-tanément dans les dépôts, et les organiser comme s’ils avaientdû former des régiments définitifs. Parlant avec cette organi-sation, et avec leur équipement complet, ils avaient ordre des’arrêter dans les places qui étaient sur notre ligne d’opération,telles qu’Erfurt, Halle, Magdebourg, Wittenberg, Spandau,Custrin, Francfort-sur-l’Oder, de s’y reposer, s’ils en avaientbesoin, d’y tenir garnison s’il le fallait pour la sûreté de nosderrières, et dès qu’ils feraient une halte de se livrer auxexercices militaires, pour ne pas négliger l’instruction deshommes pendant un trajet de plusieurs mois. Ils couvraient'ainsi les communications de l’armée, dispensaient de l’affaiblirpar un trop grand nombre de garnisons laissées en arrière,