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LIVRE XXVI.
Nov. 18C6. fermer dans le faubourg de Praga, situé, comme on sait, surl’autre bord du üeuve. En le repassant, il détruisirent le pont dePraga, et coulèrent à fond, ou emmenèrent avec eux, toutes lesbarques qui pouvaient servir à créer des moyens de passage.
Le lendemain Murat, à la tête d’un régiment de chasseursEntrée et des dragons de la division Beaumont, entra dans Varsovie.
Varsovie. \ partir de Posen, le peuple des petites villes et des campa-gnes avait paru moins démonstratif qu’à Posen, parce qu’ilétait comprimé par la présence des Russes. Mais chez unegrande population, les élans sont proportionnés au sentiment
Accueil que de sa force. Tous les habitants de Varsovie étaient accourus
les Français
fivl* 1 'polonais h° rs des murs de la ville, à la rencontre des Français. Depuislong-temps les Polonais, par un instinct secret, regardaientles victoires de la France comme étant les victoires de la Po-logne elle-même. Ils avaient tressailli au bruit de la batailled’Austerlitz, gagnée si près des frontières de la Gallicie ; etcelle d’Iéna, qui semblait gagnée sur la route même de Var-sovie, l’entrée des Français dans Berlin, l’apparition de Da-vout sur l’Oder, les avaient remplis d’espérance. Ils voyaientenfin ces Français si renommés, si attendus, et à leur tète cebrillant général de cavalerie, aujourd’hui prince, demain roi,qui conduisait leur avant-garde, avec tant d’audace et d’éclat.Ils applaudirent avec transport sa bonne mine, sa contenancehéroïque à cheval, et le saluèrent des cris mille fois répétésde vive VEmpereur! vivent les Français! Ce fut un délire géné-ral, dans toutes les classes de la population. Cette fois, onpouvait considérer la résurrection de la Pologne comme unpeu moins chimérique, en voyant apparaître la grande armée,qui, sous le grand capitaine, avait vaincu toutes les arméesde l’Europe. La joie fut vive, profonde, sans réserve, chez cemalheureux peuple, victime si long-temps de l’ambition descours du Nord, de la mollesse des cours du Midi, et se disantqu’enfin l’heure était venue où l’Empereur des Français allaitréparer les faiblesses des rois de France! Les Russes avaient