Band 
[Vol. 4.]
Seite
223
JPEG-Download
 

EYLAU.

223

sième prêt à se déclarer ; la nécessité où il était de garderJe grands ménagements, et de trouver, dans un mouvementspontané et unanime des Polonais, tout à la fois un prétexteJe proclamer leur indépendance, et un secours suffisant pourla soutenir. Son langage, parfaitement sensé et sincère, per-suada M. Wibiski, qui se rendit à Varsovie, pour essayer defaire partager ses convictions à ses compatriotes les plus dis-Jngués par leur position et leurs lumières.

Ce singulier conflit entre les Polonais voulant que Napoléonc °nunençât par proclamer leur indépendance, et Napoléonv °ulant qu’ils commençassent par la mériter, ne doit être un^otif de blâme, ni pour eux, ni pour lui, mais une preuveJe la difficulté même de l’entreprise. Les Polonais avouaientainsi qu’ils croyaient peu solide une existence placée à si§ r ande distance du protecteur qui la leur aurait rendue, etiui demandaient pour se rassurer, outre un engagement solen-les liens même du sang. Napoléon, de son côté, avouaitd’assez puissant pour prétendre changer la face de l’Europe,as sez audacieux pour oser porter la guerre jusqu’à la Yistule,J hésitait à proclamer l’indépendance de la Pologne, ayantJ e Ux des trois copartageants en face, et le troisième sur sesJerrières. Si toutefois il fallait absolument voir ici matière àre proche contre quelqu’un, ce serait contre les Polonais, dutn °ms contre ceux qui calculaient de la sorte. Napoléon ene ffet n e devait rien aux Polonais, qu’en raison de ce qu’ilsfiaient pour l’Europe, dont il était le représentant, tandis^’eux devaient tout à leur patrie, même une imprudentec °nfiunce, dût cette confiance entraîner l’aggravation de leursIna ux. Quand Napoléon était prudent, il faisait son devoir;^Uand les Polonais prétendaient l’être, ils manquaient au leur,Car ) dans la situation où ils se trouvaient, leur devoir n’étaith a s d’être prudents, mais dévoués jusqu’à périr 1 .

'LeVai t, à

maréchal Pavout, fort partisan du rétablissement de la Pologne, écri-ra date du l p r décembre : «Les levées d'hommes se font très-faeile-

Pé<\ 18C6.

Ouel jugementil faut portepsur la conduitede Napoléonet desPolonais.