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LIVRE XXVI.
D«/c, 1606.
Résultat«les,opérationsdelSapoléonentre
ta Vistule etla Narew.
Ney avec le 69 e et le 76 e y marcha impétueusement. On jetades madriers sur les coupures des ponts, on enleva les batte-ries au pas de course; on culbuta à la baïonnette l’infanteriequi était rangée en colonne sur la chaussée, et on entra pêle-mêle avec les fuyards dans le bourg de Soldau. Là une actiondes plus vives s’engagea avec les Prussiens. Il fallut leur en-lever Soldau maison par maison. Nous n’y parvînmes qu’aprèsdes efforts inouïs, et à la chute du jour. Mais à ce moment lebrave général Lestocq ralliant ses colonnes en arrière de Sol-dau , fit jurer à ses soldats de reprendre le poste perdu. LesPrussiens, traités par les Russes, depuis Iéna, comme les Au-trichiens l’avaient été depuis Ulm, voulaient venger leur hon-neur, et prouver qu’ils n’étaient inférieurs à personne en bra-voure : ils tinrent parole. Quatre fois, depuis sept heures dusoir jusqu’à minuit, ils attaquèrent Soldau à la baïonnette, etquatre fois ils furent repoussés. Leur courage avait toute laviolence du désespoir. Ils finirent cependant par se retirer,après une perte immense en morts, blessés et prisonniers.
Ainsi dans cette journée, sur un espace de vingt-cinq lieues,depuis Pultusk jusqu’à Soldau, on s’était battu avec acharne-ment, et les Russes, défaits partout où ils avaient essayé denous résister, ne s’étaient sauvés qu’en abandonnant leur ar-tillerie et leurs bagages. Leur armée se trouvait affaiblie deprès de 20 mille hommes sur 1 \ 5 mille, beaucoup d’entre eu*étaient hors de combat, ou prisonniers. Un grand nomb red’origine polonaise avait déserté. Nous avions recueilli plus80 pièces de canon de gros calibre, et une quantité considé-rable de bagages. Nous n’avions perdu ni un prisonnier, ni uDdéserteur, mais le feu de l’ennemi nous avait enlevé 4 ^mille hommes, en morts ou blessés.
Le projet de Napoléon tendant à séparer les Russes de l amer, et à les jeter par un mouvement de conversion de l’Uk rasur la Narew, du riche littoral de la vieille Prusse dans l’» 1 'térieur boisé, marécageux, inculte de la Pologne, avait réussi