6
LIVRE XXVIII.
Juillet 1807.
Situationdu créditpublic aprèsTiisit.
Langage«le Napoléonen arrivant àSaint-Cloud.
C’est un signe vulgaire , mais vrai, de la disposition desesprits, que le taux des fonds publics dans les grands Étatsmodernes qui font usage du crédit, et qui dans un vastemarché, appelé Bourse, permettent qu’on vende et qu’onachète les titres des emprunts qu’ils ont contractés envers lescapitalistes de toutes les nations. La rente 5 pour 100 (signi-fiant, comme on sait, un intérêt de 5 alloué à un capital no-minal de 100), que Napoléon avait trouvée à 12 francs au 18brumaire, et portée depuis à 60, s’était élevée après Austerlitzà 70, puis avait dépassé ce terme pour atteindre celui de 90,taux inconnu alors en Frauce. La disposition à la confianceétait même si prononcée, que le prix de ce fonds allait audelà, et s’élevait, vers la fin de juillet 1807, à 92 et 93. Aulendemain des assignats, quand le goût des spéculations finan-cières n’existait pas, quand les fonds publics n’avaient pasfait encore la fortune de grands spéculateurs, et avaient en-traîné au contraire la ruine des créanciers légitimes de l’État,quand le prix de l’argent était tel qu’on trouvait facilementdans des placements solides un intérêt de 6 et 7 pour 100,il fallait une immense confiance dans le gouvernement établi,pour que les titres de la dette perpétuelle fussent acceptés aun intérêt qui n’était guère au-dessus de 5 pour 100.
Le 27 juillet au matin, Napoléon était arrivé au château d eSaint-Cloud, où il avait coutume de passer l’été. Aux prin-cesses de sa famille empressées de le revoir, s’étaient jointsles grands dignitaires, les ministres, et les principaux mem-bres des corps de l’État. La confiance et la joie rayonnaientsur son visage.—Voilà la paix continentale assurée, leur dit-il, et quant à la paix maritime, nous l’obtiendrons bientôt)par le concours volontaire ou imposé de toutes les puissancescontinentales. J’ai lieu de croire solide l’alliance que je viensde conclure avec la Russie. Il me suffirait d’une alliance moinspuissante pour contenir l’Europe , pour enlever toute ressource à l’Angleterre. Avec celle de la Russie que la victoire