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LIVRE XXVIII.
Juiiiot 1807 . pouvait pas assurément trouver un ambassadeur ainsi sédui-sant qu’il l’était lui-même. Il fallait néanmoins en trouver unqui pût plaire, inspirer confiance, et aplanir les difficultés quisurgissent même dans l’alliance la plus sincère. Ce choix exi-geait quelque réflexion. En attendant d’en avoir fait un quiréunît les conditions désirables, Napoléon envoya un officier,ordinairement employé et propre à tout, à la guerre, à ladiplomatie, à la police, sachant être tour à tour souple ouarrogant, et très-capable de s’insinuer dans l'esprit du jeuneEnvoi monarque, auquel il avait déjà su plaire : c’était le général
du général
savary comme Savary, dont nous avons fait connaître ailleurs l'esprit, le
ministre J
à Saïnt°péters- coura 8 e > dévouement sans scrupule et sans bornes. Lebourg. général Savary, envoyé en \ 805 au quartier-général russe,avait trouvé Alexandre rempli d’orgueil la veille de la batailled’Austerlitz , consterné le lendemain , n’avait pas abusé duchangement de la fortune, avait au contraire habilement mé-nagé le prince vaincu, et, profitant de l’ascendant que don-nent sur autrui les faiblesses dont on a surpris le secret, avaitacquis une sorte d’influence, suffisante pour une mission pas-sagère. Dans ce premier moment, où il s’agissait de savoir siAlexandre serait sincère, s’il saurait résister aux ressentimentsde sa nation, qui n’avait pas aussi vite que lui passé des dou-leurs de Friedland aux illusions de Tilsit, le général Savaryétait propre par sa finesse à pénétrer le jeune prince, à l’inti-mider par son audace, et au besoin à répondre par une inso-lence toute militaire aux insolences qu’il pouvait essuyer :lSaint-Pétersbourg. Le général Savary avait un autre avantagéque l’orgueil malicieux de Napoléon ne dédaignait pas. Laguerre avec la Russie' avait commencé pour la mort du du°d’Enghien : Napoléon n’était pas fâché d’envoyer à cette pu’ s "sance l’homme qui avait le plus figuré dans cette catastrophe-Il narguait ainsi l’aristocratie russe ennemie de la France,sans blesser le prince, qui, dans sa mobilité, avait oublié l (1cause de la guerre aussi vite que la guerre elle-même.