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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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l’archichancelier d’État avait pour attribution spéciale la pré-sentation des ambassadeurs, la garde des traités, en unmot la partie honorifique de la diplomatie impériale. M. deTalleyrand, joignant ainsi au rôle d’apparat qui lui était attri-bué par décret le rôle sérieux qu’il tenait de la confiancede l’Empereur, se trouvait à la fois dignitaire et ministre, cequ’il avait toujours ambitionné, et ce que Napoléon avaitdéclaré ne jamais vouloir. L’archichancelier Cambacérès enfit la remarque à Napoléon, qui fut légèrement embarrassé,et promit que le décret ne serait point signé. Mais l’archichan-celier Cambacérès partait alors pour revoir sa ville natale,celle de Montpellier, qu’il n’avait pas visitée depuis long-temps; et à peine était-il parti que le décret, si désiré parM. de Talleyrand, fut signé et publié comme acte officiel ’.Ainsi en cet instant décisif et funeste, la sagesse s’éloignait,et la complaisance restait, complaisance plus dangereuse chezM. de Talleyrand que chez aucun autre, car elle prenait chezlui toutes les formes du bon sens.

Le projet de Napoléon était de partir pour l’Italie, tout desuite après avoir reçu M. de Tolstoy, car depuis 1805 il n’avaitpas revu ce pays de sa prédilection. Il voulait lui apporter lebienfait de sa présence vivifiante, embrasser son fils adoptifEugène de Beauharnais, son frère aîné Joseph, et entretenirLucien lui-même, qu’il espérait faire rentrer dans le sein dela famille impériale, peut-être même placer sur un trône.Mais tout à coup, au moment de partir, les nouvelles venuesde Madrid l’arrêtèrent, et l’obligèrent à suspendre son dé-

1 Ce qui paraîtra singulier, et ce qui est bien digne de remarque, c’estqüe l’archichancelier Cambacérès, dans ses précieux mémoires manuscrits,raconte que Napoléon adhéra à son conseil, et que M. de Talleyrand n’ob-tint pas ce qu’il souhaitait. C’est une erreur de ce grave personnage, car lacorrespondance de Napoléon et le Moniteur (n° 314 de 4807, date du 7novembre) prouvent que le décret fut signé. Mais Napoléon, pour échappersans doute à l’embarras de s’en expliquer, n’en parla probablement plus àl'archichancelier, qui put croire que le décret n’existait pas.

Octob. 1807.

Napoléonprêt à partirpour l'Italie,est retenu pâl-ies nouvellesvenuesde l’Fscurial.