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LIVRE XXIX.
Nov. 1807. donc recueilli le prix de leur constance. Mais il fallait s’établirà Lisbonne, rallier l’armée, la faire reposer, la pourvoir dunécessaire, et lui rendre l’aspect imposant qu’elle avait perdupendant cette marche mémorable.
Vers là fin de la journée du 30, Junot vit arriver une partieitaiiiement de la première division. Il s’empara des forts et des positionsfrançaise dominantes de Lisbonne, qui est située sur quelques collines,Itabiissément au bord dès eaux épanchées du Tage. La commission du gou-a Lisbonne, sur tout le commandant de la légion de police,
M. de Novion, l’aidèrent dans le maintien de l’ordre; en quoiils agirent en bons citoyens, car l’ordre troublé n’eût amenéqu’une effusion inutile de sang, et peut-être le sac de Lis-bonne. Junot répartit les troupes de la manière la plus conve-nable pour leur bien - être et leur sûreté au milieu d’une po-pulation ennemie de trois cent mille âmes. Après avoir soli-dement établi les premiers détachements arrivés, il s’occupade rallier les autres. Beaucoup de soldats avaient été ou noyésou assassinés; quelques-uns étaient morts de fatigue. Cepen-dant , quoique très-regrettables, ces pertes n’étaient pas aussigrandes qu’on aurait pu le craindre d’après le petit nombred’hommes qui se trouvaient dans les rangs le jour de l’entréeà Lisbonne. Les [relevés faits plus tard constatèrent que lesmorts ou égarés ne dépassaient pas 1,700. Il restait donc en-viron 21 ou 22 mille soldats, déjà fort éprouvés par cettecampagne, et suivis de 3 à 4 mille, qui, conduits par uneroute d’étapes bien frayée, devaient arriver sains et saufs aubut où leurs devanciers n’étaient parvenus qu’après tant depeines et de fatigues. La plupart des soldats demeurés en ar-rière s’étaient réunis en bandes, marchant plus lentement queles têtes de colonne, mais se défendant contre les paysans, etvivant comme ils pouvaient de ce qu’ils trouvaint dans lesbois. Les troupeaux de chèvres ou de moutons rencontrés surla route faisaient les frais de leur subsistance. Une fois à Abran-tès, ils s’embarquaient sur des bateaux qui les transportaient