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[Vol. 4.]
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plus naturels encore, Napoléon fit adresser par M. de Beau-harnais au ministère espagnol les avis les plus alarmants surune agglomération de forces anglaises à Gibraltar : agglomé rration très-réelle d’ailleurs, et nullement supposée; car onvenait d’apprendre que le gouvernement britannique faisaitévacuer la Sicile presque entièrement, et se disposait à en-voyer en Portugal les troupes revenues de Copenhague. Ilpressa vivement le cabinet espagnol de pourvoir à la gardede Ceuta, de Cadix, du camp de Saint-Roch, des Baléares, et,tout en lui donnant des avis utiles, il ajouta ainsi à la vrai-semblance des prétextes allégués pour l’introduction de nou-velles troupes françaises en Espagne.

Napoléon avait hâte d’expédier les affaires d’Italie pour re-venir à Paris, d’où il pourrait veiller de plus près à l’objet deses constantes préoccupations. Néanmoins il était une ques-tion qu’il aurait été plus en mesure de résoudre à Paris qu’àMilan, parce qu’il y aurait été entouré de plus de lumières, etsur laquelle cependant il ne voulut pas remettre sa décisiond’un seul jour. Cette question était relative aux dernières or-donnances du conseil, rendues le 11 novembre par le gou-vernement britannique, sur la navigation des neutres. Par cesordonnances, l’Angleterre venait de s’engager davantage en-core dans le système de la violence, et Napoléon, comme onle pense bien, n’entendait pas rester en arrière. A un coupfort rude, il avait à cœur de répondre immédiatement par uncoup plus rude encore. On conuaît les pas déjà faits dans cettevoie funeste. A la prétention de saisir la propriété ennemiejusque sous le pavillon neutre, et d’appliquer le droit de blo-cus à de vastes étendues de côtes qu’il était matériellementimpossible de bloquer, Napoléon avait répondu d’abord parl’interdiction au commerce anglais de toutes les côtes de l’Em-pire et des pays soumis à son influence; puis, son irritationcroissant en proportion des violences de l'amirauté, il avait,par les fameux décrets de Berlin, déclaré les Iles Britanniques

Déc. 1807.

Décretsde Milan.

Progrès(les deuxpuissancesmaritimesdans la voiedes violencescommerciales.