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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

J»nv-1608. Siège après le sacre, puis la conquête du royaume de Naples,qui achevait de faire des Etats romains une simple enclave del’Empire français, avaient successivement mécontenté Pie VII,et converti sa douceur ordinaire en une irritation continue,quelquefois violente contre Napoléon, que cependant il aimait.La privation des principautés deBénévent et de Ponte-Corvo,données à M. de Talleyrand et au maréchal Bernadotte, l’oc-cupation d’Ancône, les passages continuels de troupes fran-çaises, avaient mis le comble aux déplaisirs et à l’exaspéra-tion du Saint-Père. Aussi ne voulait-il adhérer à aucune desdemandes de la France, et les rejetait-il toutes, les unes pardes raisons spécieuses, les autres par des raisons qui ne l’é-taient pas, et qu’il ne prenait pas la peine de rendre telles.Il avait refusé d’abord de casser le premier mariage du princeJérôme, consommé sans aucune formalité, et avait consentitout au plus, après l’annulation prononcée par l’autorité ec-clésiastique française, à fermer les yeux sur cette annulation.Il avait refusé de reconnaître Joseph comme roi de Naples,reçu à Rome les cardinaux napolitains récalcitrants, et donnéasile dans les faubourgs de cette capitale à tous les brigandsqui égorgeaient les Français. II avait gardé auprès de lui leconsul du roi de Naples détrôné, prétendant que ce roi, re-tiré en Sicile, était au moins souverain de Sicile, et pouvaitpar conséquent se faire représenter à Rome. Il n’avait pas con-senti à exclure les Auglais du territoire des États romains,disant qu’il était souverain indépendant, qu’à ce titre il pou-vait être en paix ou en guerre avec qui il voulait; et il ajou-tait qu’en sa qualité de chef de la chrétienté il ne devait semettre en guerre avec aucune des puissances chrétiennes,même non catholiques. 11 faisait attendre l’institution canoniquedes évéques, exigeait un voyage à Rome de la part des évê-ques italiens, contestait l’extension du concordat français auxprovinces italiennes devenues françaises, telles que la Ligurieou le Piémont, et l’extension du concordat italien aux provin-