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LIVRE XXI X.

M«s 1808 . vainqueur, et l’aisance d’un conspirateur assuré des ressortsqu’il doit faire jouer, lorsque tout à coup une rumeur nouvelleet violente prouva qu’on avait raison de se défier de la jour-née qui commençait.

Le prince de la Paix, tant cherché, n’avait cependant pasde L H rai" c est sa demeure. Au moment où les portes de son palais

patlepeüpie, ava i ent été forcées, il avait pris une poignée d’or, une paire detmosangiant pistolets, puis s’était caché sous les toits, en se roulant lui-pàr l'es gardes même dans une natte, espèce de tapis de jonc dont on se sertu coips. ^ Espagne. Resté dans cette affreuse position pendant toutela journée du 18, pendant la nuit du 18 au 19, il n’y avaitplus tenu le 19 au matin, et après trente - six heures de cesupplice, vaincu par la soif, il était sorti de son asile, et s’étaittrouvé en présence d’un soldat des gardes wallonnes qui étaiten faction. Offrant de l’or à cette sentinelle, et n’osant pasajouter à son offre la menace de se servir de ses pistolets, ilne réussit qu’à se faire dénoncer, et fut livré à l’instant même.Heureusement pour lui le gros de la populace n’était pas alorsautour de son palais. Quelques gardes du corps survenus àpropos le placèrent au milieu de leurs chevaux, et s’achemi-nèrent le plus vite qu’ils purent vers le quartier qui leur ser-vait de caserne. Il fallait traverser tout Aranjuez, et en un clind’œil la populace avertie accourut. Le prince marchait à pied,entre deux gardes à cheval, appuyé sur le pommeau de leurselle, et défendu par eux contre les attaques de la foule.D’autres gardes en avant, en arrière, faisaient leurs effortspour le protéger, mais ne pouvaient empêcher un peuple fu-rieux de lui porter, avec des pieux, des fourches, et toutesles armes ramassées à la hâte, des coups dangereux. Les piedsbrisés par le fer des chevaux, la cuisse percée d’une largeblessure, un œil presque hors de la tête, il arriva enfin à lacaserne des gardes, où il fut jeté tout sanglant sur la pailledes écuries. Triste exemple de la faveur des rois, quand lafureur populaire vient venger en un jour vingt ans d’une toute-